‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 101 sur 188 · Reoue des Deux Mondes, i^" août 1863, p · texte numérisé non relu

Reoue des Deux Mondes, i^" août 1863, p

2. M. Havet ajoute qu'un tel Jésus ne serait pas celui de sa vénération et de son amour, parce qu'il ne serait pas abordable et imitable. J'ai répondu à cela dans les passages sus-indiqués de mes

M. Sainte-Beuve, de son côté, rapporte ce propos d'un pur sceptique sur le Jésus de M. Renan : — « Je

Etudes : « Le propre dé la sagesse de Jésus -Chbist, disais-je, « c'est qu'elle ne relève que d'elle-m«*me, c'est qu'elle est in- « créée. Mais ce qui ne la distingue pas moins, c'est qu'elle est « créatrice. Chose prodigieuse, et qui n'est que simplement dite vine! cette sagesse incomparable, que nul n'a pu et ne pourra « jamais égaler, est en même temps la plvs imitable, et celle qui « a engendré le plus de disciples. Tous les autres sages n'ont « pas influé, comme dit Voltaire, sur les mœurs de la rue qv^ils « habitaient; et Jésus-Christ a influé sur le monde entier, et « tout s'est réformé à son image, est devenu chrétien.,. C'est celui « qui a fait le plus d'imitateurs, et le seul qui soit resté au- « dessus de ses imitateurs. Caractère nouveau de sa divinité. Car « c'est encore là le propre des influences humaines, de s'ensevelir « dans leur triomphe ; je veux dire de produire des effets qui les « dépassent. Le disciple fait oublier le maître, et plus celui-ci se « donne de successeurs, plus il se prépare de rivaux ; et cela se « conçoit, parce qu'après tout il ne dispose que d'une force com- « mune à tous, et dont il n'est qu'un moteur accidentel. Je sus - « Christ seul domine à jamais son propre ouvrage, et quel ou- « vragel »— «EnJÉsus-CnRisT, l'homme ne disparaît jamais « et la nature jouit de tous ses droits ; mais en même temps « les vertus s'y montrent sans faiblesse, sans tache. En lui, « l'homme et le Dieu sont entiers, et c'est la parfaite jointure « de ces deux états qui fait la merveille de I'Homme-Dieu... « C'est là précisément ce qui nous séduit en lui, ce qui nous « charme, ce qui nous encourage à l'imiter, ce qui fait que le « modèle le plus achevé est en même temps le moins désespé- « rant. Avec Jésus-Christ, on peut se plaindre, on peut « pleurer, on peut écarter la souffrance, on peut tolérer les pé- « cheurs, on peut aimer tout ce qui est aimable... Et avec cela, « ou plutôt par cela même, il nous invite» il nous appelle, il nous « fait monter jusqu'aux pins éminentes vertus, jusqu'aux plus « douloureux sacrifices, jusqu'à la croix. »

266 jisus-CHUST.

« ne m'explique pas qu'un homme, tel que Fauteur me c( dépeint Jésus, puisse être si diyin sans être Dieu, au

« moins en bonne partie '. Moi, je ne connais les hom-

« mes que comme Horace et tous les moralistes les ont

« connus* Le meilleur est celui qui a le moins de dé*

« fauts et de vices. Je n'en ai jamais vu d'une autre

a étoffe. M. Renan nous présente un homme comme il

« n'y en a jamais eu, et au-dessus de l'humanité, un

« homme type. Alors je ne sais plus qu'en faire. Ce

« n'était pas la peine de changer le nom... ^.i>

Enfin M. Larroque : — « Dans les critiques qu'ils a ont faites de son livre, les divers adversaires chréa tiens de l'auteur ont recueilli ces paroles avec (( bonheur, et s'en sont servis pour le battre à ou- « trance. En effet, ce simple raisonnement se préce sentait tout d'abord : — « Établir la religion abso- « lue, c'est-à-dire la seule religion parfaitement vraie, <( ne saurait être le fait d'un simple mortel, fùt-il m- « comparable; la science et la puissance d'un Dieu suf- « fisaient seules à une telle œuvre. Si Jésus a fait cela, c( comme vous le dites si bien, nous concluons de votre « aveu et contre vous qu'il était Dieu. » — c< Ce qu'il y « aurait à opposer à ce raisonnement, en demeurant « ferme sur les principes, ce n'est pas pour nous une

1. En bonne partie est juste, puisque en JÉsus-GHRiSTily a la partie humaine, comme en nous il y a la partie animale.

Page 1