‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 100 sur 188 · Id., p · texte numérisé non relu

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Youlu, par là, capter la sympathie du public, qu'il aurait révolté sans cet assaisonnement du blasphème; et on comprendra bien mieux cela dans le chapitre suivant.

J'ajoute, pour ce que je mepropose d'établir dans celui-ci, qu'il était condamné à cette manière de parler de Jésus -Christ, par la négation même de sa divinité, qui cependant en résulte : tant on ne peut éviter une telle vérité!

L'homme, en eflfet, devait être exagéré dans ce Jésus de roman, pour remphr le vide fait par la négation du Dieu, et pour être à la taille de l'œuvre.

Mais en cela il a prouvé cette divinité niée, et prouvé de la manière la plus irréfragable, dont tout le monde, amis et ennemis, a été frappé. De toutes les preuves nouvelles que nous fournit son livre, celle-ci est la plus saillante.

En effet :

Il n'a pu ôter de Dieu en 'Jésus-Christ que le mot, mais il a laissé la chose : tant la force de la vérité, supérieure à celle de son dessein, l'a emporté. Il n'a fait que transposer les attributs de la divinité à l'humanité.

Qu'importe qu'il ne l'appelle qu'un homme, s'il en fait un être qui dépasse la condition de l'homme, s'il en fait un Dieu? Cet homme forcé jusqu'au Dieu, et ce caractère de Dieu ravalé jusqu'à l'homme (et quel homme, nous le verrons!), composent sans doute une

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monstruosité qui n'est ni Dieu ni homme, et qui fait ressortir la mérité, la beauté harmonique de Jésus- Christ, si parfaitement Dieu et homme tout ensemble. Mais elle ne prouve que davantage l'impossibilité de se défaire de cette divinité; puisqu'on ne peut la détrftner dans l'HoMME-DiEc sans l'ériger dans un pur homme, et, comme nous le verrons, dans le plus vil des hommes.

Or, que le Jésus de M« Renan implique en lui la divi* nité, c'est ce qui n'est pas contestable.

Nous avons en effet un critérium infaillible pour distinguer l'homme de Dieu : c'est Yabsolu, c'est l'tViarrivable. L'homme est, comme toute créature, et plus que toute autre créature, un être essentiellement relatif. Il est capable de perfection au plus haut degré, sauf l'absolu. L'humanité peut toujours se surpasser ellemême. Dire d'un homme qu'il ne pourra jamais être surpassé, c'est dire tout simplement que cet homme est Dieu. Dieu est synonyme d'absolu.

Sur cette vérité développée dans nos Études *, nous avons assis, il y a vingt ans, la démonstration de la divinité de Jésus- Christ. C'est selon nous une de nos plus grandes preuves. Nous invitons le lecteur à la voir, en son lieu, dans tout son développement et dans toute son application à Je sus- Christ. La transcrire ici se-

1. Tome IV, cb. ii. La personne de Jéstis-Christ, p. 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43 de la seizième édition.

rait prendre une place que nous préférons réserver à nos adversaires.

n est^ nous Tavouons, satisfaisant pour notre foi, de voir ceux-ci venir se jeter à Tenvi dans le filet de cette vérité, et concourir à s'y prendre les uns les autres.

M. Renan d'abord, qui n'en voit pas les conséquences, dit et redit, comme nous l'avons vu, sur tous les tons et avec un luxe d'expressions que nous avons soulignées, que Jésus est hors de pair avec l'humanité tout entière. Il épuise sur lui le vocabulaire du superlatif et de l'absolu; non pas métaphoriquement, mais à la lettre: tellement que, non-seulement pour l'humanité, mais si (Fautres planètes ont des habitants doués de raison et de moralité, dit-il, leur religion ne peut être différente de celle que Jésus a proclamée près du puits de Jacoh.

Maintenant, M. Havet, M. Sainte-Beuve et M. Larroque se chargent de faire ressortir la conséquence logique et inévitable de cette vérité.

M« Havet : — « M. Renan me paraît trop complaisant « pour la légende sacrée et trop facile à accepter, sous a le nom de Jésus, un Jésus imaginaire, plus grand et <c plus pur que rien d'humain ne saurait l'être *. M. de c< Sacy a dit : « Si Jésus-Christ n'est pas Dieu dans l'ou-

1. M. Havet est injuste dans ce reproche. 11 juge trop M. Renan sur lui-même. Tout le monde n'a pas ses ei^emptions, et il ignore les pressantes raisons qui ne permettaient pas à M. Renan de tenir un autre langage.

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c( vrage de M. Renan, il est encore le fils de Dieu ; je ne c( sais pas trop, à la vérité, pourquoi ni comment, » <t Voici ce pourquoi et ce comment, si je ne me trompe. « Si Jésus est dans ce livre un homme à part, demi- « Dieu et fils de Dieu^ un homme de proportions coce lossaleSy s'il est placé au plus haut somm^et de la « grandeur humaine, si en lui s'est condensé tout ce c( quily a de bon et d'élevé dans notre nature, si enfin c< l'auteur déclare que Jésus ne sera pas surpassé, et « que tous les siècles proclameront qu'entre les fils des « hommes il n'en est pas né de plus grand que Jésus, tt tout cela, à mon sens, peut être traduit ainsi : Jésus « est le seul homme historique qui n'ait pas d'histoire. t< Nous saisissons la personne réelle dans les autres, (( en lui nous n'atteignons que le personnage idéal... « Je ne puis donc croire, quant à moi, qu'il puisse y (( avoir jamais un homme qui soit avec le reste des <c hommes hors de proportion. Je ne crois pas même tt qu'aucun homme puisse être appelé le plus grand des « hommes, car cela est trop difficile à mesurer, et il n'y « a guère de supériorité absolue ^ »

Donc, si Jésus-Christ est un tel homme, il n'est pas seulement un homme ^.

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