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(( idée précise de la puissance romaine, v> bien qu'il ait limité cette puissance monstrueuse qui dévorait tout, d'un mot : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieul mot créateur du monde moderne, dont le publiciste et M. Renan lui-même ne peuvent assez admirer la fécondité civilisatrice.
« Il ne connut que les villes prochaines, Tibériade, (( Juliade, Césarée, Sébaste qui lui apparut comme une (( rue de Rivoli. Voilà ce qu'il appelait a les royaumes (c du monde et toute leur gloire. » La cour des rois lui c< apparaissait comme un lieu où les gens ont de beaux a habits. Les charmantes impossibilités dont fourmil- « lent ses paraboles, quand il met en scène les rois et « les puissants, prouvent qu'il ne conçut jamais la soie ciété aristocratique que comme un jeune villageois « qui voit le monde à travers le prisme de sa naïveté '. »
J'espère que voilà la sagesse éternelle bien travestie. Les Juifs du moins l'avaient honorée d'une couronne, d'un sceptre et d'un manteau, dans la sanglante parodie du prétoire. M. Renan trouve qu'il est de meilleur goût de la mettre en villageois. Mais quoi! il a l'Évangile pour lui, et il s'en autorise : voyez plutôt les passages où il vous renvoie, Matth. XI, 8. « Lorsqu'ils s'en furent (( allés, Jésus commença à parler de Jean au peuple en ce cette sorte : Qu'êtes-vous allés voir au désert? Un ro-
i. Tiède Jésus, p. 39 à 40.
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« seau agité du vent? Qu*ôtes-vou5 allés voir? Un homme (( vêtu mollement? Cetix qui sont vêtus avec mollesse c< sont4ans lesmaison$ des rois. Qu'êtes-vous allés voir? a Un prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu'un pro- « phète. Car c'est de lui qu'il est écrit : Voilà que j'en- « voie mon ange devant ta face, et il préparera la voie « devant toi. » Voilà le texte où M. Renan trouve un naïf villageois. — Comme la raison d'art est un bon guide!
« Mais surtout Jésus ne sut rien de l'idée nouvelle « créée par la science grecque, base de toute philoso- « phie, que Lucrèce, près d'un siècle avant lui, avait « exprimée d'une façon admirable, cette idée que tout c( se produit dans le monde sans l'intervention d'êtres « supérieurs, » — L'athéisme. — Idée mère du monde des Claude et des Caligula. « Jésus ne sut rien de ce « progrès. » Il croyait au surnaturel, à Dieu et à son action particulière dans l'humanité. « Crédulité niaise » chez les autres, mais chez lui « belles erreurs qui furent « le principe de sa force. » — Comment? — a parce « quelles lui donnaient sur son temps une force dont « aucun n'a disposé comme lui *. » — La force du raisonnement le dispute, comme on voit, à la hauteur des principes et à la délicatesse du goût dans ces pages de M. Renan.