‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 131 sur 188 · Id.,p · texte numérisé non relu

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nier trait, qui devient un surcroît d'outrage, mais dont le poids fait crouler tout son édifice de blasphème sur lui-même et l'y ensevelit.

11 procède pour la folie comme il a fait pour l'imposture. Il couronne ses imputations par une disculpation, qui n'est qu'une manière de haute perfidie de les faire passer en les aggravant. Il étend ces imputations de folie, de Jésus-Christ à la raison même; comme il a étendu l'imputation d'imposture à la conscience même. Il abolit la loi intellectuelle, comme il a aboli la loi morale, pour faire passer le blasphème qui charge Jéscs- Christ de leur violation.

Folie, en effet, extravagance, qu'est-ce à dire? c< Les « idées étroites qui se sont répandues de nos jours sur a la folie égarent de la façon la plus grave nos jugece ments historiques dans les questions de ce genre. « Un état où l'on dit des choses dont on n'a pas cons- « cience, où la pensée se produit sans que la volonté « l'appelle et la règle (définition grammaticale de la « folie), expose maintenant un homme à être séquestré « comme halluciné. Autrefois, cela s'appelait prophéc< tie et inspiration. »

Ainsi, autrefois on n'avait pas les mêmes idées que de nos jours sur la foUe, et par conséquent sur la raison; et nous n'avons pas dès lors de critérium commun avec l'antiquité pour la comprendre. Il faut proclamer dès lors l'abolition de la critique pour les temps

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anciens, puisque nous ne pouvons en juger que par notre sens interne.

Mais ce n'est pas pour autrefois seulement, c'est de nos jours même, et d'une manière absolue que ce sens interne est en défaut, et que nos jugements s'égarent sur la folie; à tel point qu'au lieu de la séquestrer on devrait la glorifier et l'envier* « Les plus belles choses tt du monde, en effet, se sont faites à l'état de fièvre; a toute création éminente entraîne une rupture d'éa quilibre, un état violent pour l'être qui la tire de lui.. * a Qui de nous, pygmées que nous sommes, pourrait ic faire ce qu'a fait l'extravagant François d'Assise, l'hys- <k térique sainte Thérèse? Que la médecine ait des « noms pour exprimer ces grands écarts delà nature c( humaine; qu'elle soutienne que le génie est une ma- « ladie du cerveau ; qu'elle voie dans une certaine déli- <c catesse de moralité un commencement d'étisie; <& qu'elle classe l'enthousiasme et l'amour parmi les aca cidents nouveaux, peu importe. Les mots de sain et a de malade sont tout relatifs. Qui n'aimerait mieux a être malade comme Pascal que bien portant comme a le vulgaire, etc., etc. *? »

M. Renan aurait dû joindre à sa Vie de Jésus un lexique, donnant la signification des mots et des choses, selon le sens qu'il y attache, si en dehors de nos idées

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