‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 14 sur 188 · Luc, I · texte numérisé non relu

Luc, I

LA irfTHODS. 31

le Christiaoisipe, oûmiBe reposant mr k fondement des Apôtres et des Prophètes^ et venant se retier à Jésus-Christ qui est hd-même la pierre angulaire sur laquelle tout V édifice de la croyance est élevé ^^

C'est avee ee caractère précis, exact, afGrmatif ; o'est a^eo cet accent de sincérité et de rigueur historique et antilégendaire, qui ne respire pas moins dans saint Mathieu et dans saint Mare, et jusque dans saint Jude et l'admirable épitre de saint Jacques, que s'offrent à nous huit historiens ou témoins directs de Jésus-^Cuhist, faisant corps par la diversité même autant que par VàQ* cord de leur témoignage, le scellant de leur vie aposto^^ lique et de leur sang; et formant comme le premier noyau de la démonstration évangélique*

Depuis lors, le Christianisme grandissant, n'a cessé de siècle en siècle de produire ses démonstrations, ses apologétiques^ ses témoignages et ses arguments de toutes sortes, et de les exposer à tout le feu de la discussion. Et, chose admirable et vraiment convaincante! tandis que Tinerédulité a renouvelé mille fois ses armes, pas une des preuves les plus anciennes de notre foi n*a faibli, et leur faisceau s'accroît tous les jours des preuves nouvelles que lui apporte chaque mouvement, ohaque pas de l'esprit humain.

Un incrédule du dernier siècle qui avait éprouvé,

i. Saint Paul, Éph , c. ii, 20, 2K

32 3Ésos-€Haisr.

plus que tout autre, la force invincible, autant que le nombre et la diversité des preuves du Christianisme , Jean-Jacques Rousseau, en exposait et en confessait ainsi la puissante économie :

A Les hommes, ayant des tètes si diversement orga- <K nisées, ne sauraient être affectés tous également des c( mêmes arguments, surtout en matière de foi. L'un, « par son trait d'esprit, n'est frappé que d'un genre « de preuves; l'autre ne l'est que d'un genre tout « différent. Tous peuvent bien quelquefois convenir c( des mêmes choses; mais il est très-rare qu'ils en «c conviennent par les mêmes raisons.

a Lors donc que Dieu donne aux hommes une révé- « lation que tous sont obligés de croire, il fâut qu'il « rétablisse sur des preuves, bonnes pour tous, et qui, c< par conséquent, soient diverses comme les manières « de voir de ceux qui doivent les adopter.

«Sur ce raisonnement, qui me paraît juste et simple, « on a trouvé que Dieu avait donné à la mission de «c ses envoyés divers caractères qui rendaient cette « mission reconnaissable à tous les hommes, petits et c( grands, sages et sots, savants et ignorants. Celui « d'entre eux qui a le cerveau flexible pour s'affecter «c à la fois de tous ces caractères est heureux sans « doute : mais celui qui n'est frappé que de quel- « ques-uns n'est pas à plaindre, pourvu qu'il en soit m frappé suffisamment pour être persuadé.

(î Le premier, le plus important, le plus certain de « ces caractères, se tire de la nature de la doctrine, « c'est-à-dire de son utilité, de sa beauté, de sa saina teté, de sa vérité, de sa profondeur, et de toutes les « autres qualités qui peuvent annoncer aux hommes a les instructions de la suprême sagesse et les préceptes c( de la suprême bonté. Ce caractère est, comme je l'ai (( dit, le plus clair, le plus infaillible ; il porte en lui- « même une preuve qui dispense de toute autre : mais « il est le moins facile à constater; il exige, pour être « senti, de l'étude, de la réflexion, des connaissances, (( des discussions qui ne conviennent qu'aux hommes « sages, qui sont instruits et qui savent raisonner.

«Le second caractère est dans celui des hommes (( choisis de Dieu pour annoncer sa parole; leur saince teté, leur véracité, leur justice, leurs mœurs pures « et sans tache, leurs vertus inaccessibles aux pas- « sions humaines, sont avec les quaUtés de l'entende- « ment, la raison, l'esprit, le savoir, la prudence, auc( tant d'indices respectables dont la réunion, quand « rien ne s'y dément, forme une preuve complète en « leur faveur, et dit qu'ils sont plus que des hommes ^ . « Ceci est le signe qui frappe de préférence les gens

i. Tel a été J.-C, tels ont été, par sa grâce, les apôtres, les docteurs et les saints : plus que des hommes, par la vertu divine qui en a fait des héros et dès lors ses témoins. « La marque « spéciale de notre vérité, disait Montaigne, c'est notre vertu. »

34 JÉSUS'GHRIST.

tt bons et droits, qui voient la vérité partout où ils (( voient la justice, et n'entendent la voix de Dieu que « dans la bouche de la vertu,

« Le troisième caractère des envoyés de Dieu est une « émanation de la puissance divine, qui peut inter- <i rompre et changer le cours de la nature à la volonté (( de ceux qui reçoivent cette émanation. Ce caractère « est sans contredit le plus brillant des trois, le plus a frappant, le plus prompt à sauter aux yeux; celui « qui, se marquant par un effet sensible, semble exiger « le moins d'examen et de discussion : par là ce carac- « tère est aussi celui qui saisit spécialement le peuple.

« Je m'arrête ici, sans rechercher si ce dénombrett ment peut aller plus loin : c'est une discussion inua tile à la nôtre, car il est clair que quand tous ces <c signes se trouvent réunis, c'en est assez pour pertt suader tous les hommes, les sages, les bons, et le c( peuple; tous, excepté les fous, incapables de raison, a et les méchants, qui ne veulent être convaincus de a rien*. »

Telles sont nos preuves, telle notre méthode : essentiellement, éminemment logique, rationnelle; partant toujours de la raison : raison philosophique, raison morale, raison historique, raison scientifique, raison sociale, raison pratique : dénombrement qui pourrait

Page 1