LA VIERGE MARIE, MÈRE DE DIEU ET MÈRE DES HOMMES
L'Incarnation est le dogme initial du Christianisme. Les autres mystères, l'apostolat, Teucharistie, la mort, la résurrection et l'ascension du Fils de Dieu, ne sont que le développement et la consommation du dessein qui a commencé dès lors. Ils y étaient contenus ; et en se rompant sur la croix, dit un Père, la vie du Sauveur, prise au sein de Marie, fut comme le sac, répandant alors, pour la rançon du monde, le prix qu'il recelait dès le commencement.
Ce prix apporté du ciel a été attiré en Marie, mais non sans Marie; par une opération céleste, mais non sans sa coopération virginale, non sans le Fiat de sa foi, de son amour, de sa pureté immaculée.
L'importance de la Vierge mère se mesure dès lors sur celle de ce mystère des mystères dont elle a été le volontaire et digne instrument. Le nom de Fils, qui est la qualité propre du Rédempteur, et qui est unique en lui comme sa personne, dans sa double nature divine
et humaine ; ce grand nom de Fils de l*homme qu'il se donnait de préférence encore à celui de Fils de Dieu; qu'»" a emporté dans la gloire, et qu'il portera comme Juge final de l'univers, appelle celui de la Mère auquel il répond sur la terre, comme celui du Père dans les deux. Il reflète sa majesté et sa grâce sur cette Maternité virginale qu'il implique, et à laquelle il communique, dans l'éternité de sa prédestination comme dans celle de sa gloire, sa souveraine et miséricordieuse activité.
Tout le Christianisme dogmatique, évangélique et historique peut être ainsi envisagé par rapport à l'humble Marie, Mère de Dieu et Mère des hommes. C'est ce que nous avons essayé de montrer dans nos Nouvelles Études philosophiques sur la. Vierge Marie dam le Plan divin; — la Vierge Marie d'après r Évangile; — et la Vierge Marie vivant dans FÉglise.
Ce sujet, que le préjugé rationaliste relègue dans le domaine de la petite dévotion, épuise la contemplation de l'intelligence autant qu'il se prête à la naïveté du cœur. Populaire et subUme, il fut de tout temps le partage des simples et des génies : comme il eut toujours contre lui les esprits alambîqués et médiocres, «esprits c< grossiers et pesants dans leur prétendue subtilité, » comme les appelle Bossuet'.
f . Discours aux religieuses de Sainte-Marie, le jour de la fête de la Visitation de la sainte Yierge.
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Il devait avoir contre lui nos critiques. Contempteurs de Jésu s- Ch RI ST, ils devaient l'être de sa divine Mère. Et, en cela comme en tout le reste, ils devaient établir ce qu'ils attaquaient.
Admirable enchaînement des vérités de notre foi démontré par ses ennemis ! Ils ne peuvent attaquer Jésus- Christ, sans attaquer Dieu d'une part, et la virginale maternité de Marie de l'autre; sans nier le surnaturel dans son essence et dans son opération. Cette opération, dont M A R i E est le siège et le sanctuaire, d'où l'Invisible s'est montré à nous, l'Inaccessible s'est livré à nous, le Terrible a été fait Dieu avec nous, et où le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous; cette opération, dis-je, où le Très-Haut s'est abaissé par amour jusqu'à revêtir notre nature déchue pour l'élever aux splendeurs de sa divinité, et qui est la source sacrée d'où le surna* turel s'est épanché dans le monde, devait valoir à Marie l'honneur d'être en butte aux mêmes attaques que son divin Fils, et que Dieu lui-même.
En cela s'accomplit à la lettre la prophétie du vieillard Siméon, dans laquelle, s' adressant à Marie, et annonçant que I'Enfaist-Dieu serait en butte à la contradiction, il ajoute : Et tuam ipsius animam pertran-sibit gladius , a et vous serez transpercée du même « glaive qui le percera *, » du glaive de la calomnie se-