Jean, iv, i
DKftiinm MOT. 455
loMqu'il donne ainsi pour cause, à ta lumière les ténèbres, à la civilisation l'ignorance, à la vérité le mensonge, à la sagesse la déraison, à la moralité Timprobité; lorsqu'il en vient à dire que, pour avoir été moins honnête que Marc-Aurèle, Jésus reste pour l'humanité un principe inépuisable de renaissance morale, — il est insensé.
H attenta à la raison jusqu'à pMder pour ta folie, il attente à la conscience jusqu'à plaider pour le déshonneur.
Voilà le résidu de l'incrédulité au dix -neuvième siècle. Voilà ce qu'il faut admettre pour ne pas croire à la divinité de Jésus-Christ. Voilà, dès lors, la preuve vengeresse, la preuve formidable de cette divinité, dont la négation emporte celle de la raison et de la conscience.
En elle, c'est la Divinité même qu'on veut nier ; et réciproquemeirt, c'est par la négation de la Divinité même qu'on nie la divinité de Jésus-Ch«ist.
La négation dogmatique du surnaturel, nous l'avons vu, est la négation de Dieu en principe; fa négation évangéiique de Jésus-Christ^ est la aégation de Dieu en fait.
Et c'est par la négation de Bieu en principe, qu'on arrive à la négation de Dieu en fait ; comme c'est par la négation de Dieu en fait, qu'on veut asairer la négation de Bieu en principe.
556 JÉ8IS-€BmiST.
Athéisme, tel est donc le dernier mot, le terme où rincrédulîté contemporaine aboutit, après aToir foulé aux pieds la conscience et la raison. Yoilà le lâde, le gouffre produit par la négation de la divinité de Je s u s- Chkist.
Donc, s'il y a une conscience, s'il y a une raison, s'il y a un Dieu, Jésus-Christ est Dieu; et tout Tordre rationnel et moral, aussi bien que Tordre surnaturel, sont solidairement suspendus à cette croyance.
Yoilà Tensemble du résultat de la Vie de Jésus; voilà le solde, ou plutôt le déficit de TincréduKté contemporaine.
Et maintenant, cher lecteur, avant de prendre congé de vous, usant de cette sorte d'intimité qui a dû s'établir entre nous dans le cours de cet ouvrage, et surtout de cette charité et de cette foi qui me Tout inspiré, laissez-moi vous demander quel sera pour vous le résultat de ce travail commun de démonstration et de réflexion que nous avons fait ensemble.
Ne sera-ce que le vain intérêt d'une polémique dont vous serez le juge après en avoir été le spectateur, ou tout au plus la conclusion logique et froide que Jésqs- Christ est Dieu, que l'incrédulité elle-même le démontre, et que le Christianisme est vérité, sans autre conséquence que cet assentiment de votre intelligence?
Ou bien, sera-ce une occasion solennelle de prendre
DERniER MOT. 457
un parti à l'égard de €ette grande vérité, qui n'est rien si elle n'est active, si elle n'affecte l'âme tout entière, et n'en régit tout le destin.
Pour moi, je ne suis qu'un homme, et je n'ai pu vous donner que des raisons. Je vous ai montré Jésus- Christ; je ne puis faire davantage : et cependant davantage doit être fait. Il ne se peut pas que Jésus- Christ soit Dieu, que cela vous soit démontré, et que cette conviction reste stérile. Entre elle et la foi, il y a un espace réservé à la bonne volonté de l'homme et à la grâce de Dieu, où je ne puis que vous laisser à vousmême. A cet instant naît donc pour vous l'obligation logique, morale, d'aller à Jésus -Christ, en lui demandant de venir à vous. Car, comme il est venu pour tous, il vient pour chacun ; comme il y a eu une révélation générale au genre humain, il y a une révélation particulière à chaque âme. Cette révélation particulière est la foi : la foi, qui est Dieu sensible à l'âme, parlant à l'âme; sa voix, sa vie, sa grâce en nous : lui-même, enfin, venant s'asseoir au foyer et à la table de notre cœur, pour en être la chaleur et la nourriture; pour s'y révéler par un charme si vivifiant que la foi même y est absorbée, et qu'auprès de cette intime manifestation, toute démonstration devient non -seulement inutile, mais importune.
Expérimentez ce don de Dieu, et bientôt, dans le ravissement de sa possesdoa, vous me direz ce que les
habitants de Skbar, après avoir m Jésus-Gbei&t, dirent à la Samaritaine , qui le leur avait atmoncé : « Nous croyons à lui maintenant, mais ce n'est plus (( par Teffet de vos discours; c'est (}ue nous TaTons d entendu nous-mêmes^ et que nous savons fià'il est « vraiment le Sauveur ud moxdk^' »