‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 34 sur 188 · Jean, X · texte numérisé non relu

Jean, X

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une nation où le culte de la Divinité était si jaloux et si inviolable, et qui le fut, àTégard de Jésus lui-même, jusqu'à étouffer le blasphème réputé de sa prétention par le dernier supplice, cette prétention se releva-t-elle de cet anéantissement jusqu'à se poser aussitôt devant le conseil des docteurs et des prêtres, et à s'y faire tolérer sur cet avis du plus éminent d'entre eux : ((Prenez garde qu'à « l'événement vous ne vous trouviez avoir lutté contre (( Dieu lui-même ^ ? » — Comment, paii;ant de là avec la rapidité de la lumière et de la foudre, cette question fut^ elle se poser à la fois dans tous les grands centres de la civilisation grecque et romaine : à Athènes, à Corinthe, à Éphèse, à Alexandrie, à Antioche, à Rome; et, balayant < devant elle tous les soulèvements de l'esprit, des sens, de la politique, de la superstition et de la nature, comment prévalut la solution qui fit tomber le monde aux pieds deTHoMME-DiEu? — Comment, assaillie avec acharnement par la rage de la haine et de l'intérêt, de la part des Juifs, des philosophes, des prêtres et des Césars, se maintint-elle et s'affermit-elle sous les coups qui lui' étaient portés? — Comment, remise successivement en question par toutes les hérésies qui n'ont cessé de l'agiter pendant dix-huit siècles, autant de fois a-t-elle triomphé? — Comment, à la seule épocpie, au seul siècle où la divinité de Jésus fut ouvertement niée, avec elle

i. Actes, V, 29.

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et en elle furent niées, furent abîmées toute religion et toute société? — Comment, tout ce qu'il y a eu de grands esprits et de héros de l'humanité, se sont-ils rangés parmi les premiers disciples de cette croyance, et lui ontils dû leurs plus belles inspirations de génie ou de vertu? — Gomment, enfin, à cette heure où le progrès des sciences, de l'industrie et de la critique, a passé au crible de l'esprit humain toutes les erreurs, toutes les illusions, tous les abus, et où l'audace de l'impiété croissant avec le succès ose s'attaquer au Dieu du passé et regarder en face Celui devant qui se sont inclinées des générations d adorateurs, comment ce Dieu du passé n'est-il pas définitivement détrôné? Que dis-je? comment cette impiété elle-même s'incline-t-elle, la première, devant Jésus, exalte-t-elle l'homme en lui jusqu'à la divinité pour lui en refuser le titre légitime, et ne peut-elle autre chose que substituer l'idolâtrie de Jésus à la vraie religion de Jésus?

Il est donc vrai : Jésus-Christ, après avoir posé et fût prévaloir dans le monde l'affirmation qu'il est Dieu n^me, en a soutenu et déployé le titre depuis dix-huit siècles, à travers toutes les épreuves qui se puissent imaginer; et, à l'heure qu'il est, pour ceux qui n'adorent pas en lui ce caractère, il le balance assez pour que ce soit une question, et pour qu'on ne puisse résoudre contre lui cette question qu'au prix de Dieu lui-même.

Non : c< Il n'y a pas de Dieu dans le ciel, si un homme

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« a pu concevoir et exécuter ayec un tel succès le des- « sein gigantesque de dérober pour lui le culte suprême, a en usurpant le nom de Dieu ^ x>

Mais qu'est-ce donc, si nous yenons à observer que ce nom de Dieu, ce caractère, cet idéal de divinité si élevé, si accablant et si formidable^ non-seulement Jésus le balance, non-seulement il le soutient, mais il est l'auteur de sa notion dans le monde.

Gomme le dit très-bien M. Renan dans son langage : a Une haute notion de la divinité, qu'il ne dut pas au m judaïsme, et qui semble avoir été de toutes pièces la a création de sa grande âme^ fut en quelque sorte le « principe de toute sa force ^. d

Avant Jésus, Dieu n'était connu que dans la Judée. Partout ailleurs ce n'était qu'un fantôme, produit changeant de toutes les rêveries philosophiques de l'esprit humain» qui ne s'élevait au-dessus de Tidolàtrie que pour s'évanouir dans le scepticisme et dans l'athéisme. Dans la Judée même, où la notion de son unité, de sa puissance créatrice et de sa providence s'était miraculeusement maintenue, son culte était restreint au seul temple de Jérusalem, borné dans sa principale sanction aux avantages de la terre, et enveloppé d'ombres et de figures. Il était surtout local et sans vertu d'expansion dans le monde.

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