CHAPITRE VI
IiES PROPHÉTIES
Les prophéties, en effet, pour commencer par cette première preuve de notre foi, considérées dans tous les caractères qu'elles présentent, sont du surnaturel et du miracle au premier chef. Si elles sont bien établies, elles prouvent donc une puissance surnaturelle et son intervention dans le monde, pour s'attester en
J'ai déjà déroulé cette preuve dans un long chapitre du quatrième volume de mes Études. Je n'ai pas l'intention de refaire ni de redonner ici ce travail. Je me permettrai seulement d'y renvoyer le lecteur curieux de se faire une conviction sur un des plus grands sujets qui en soient dignes.
Ce travail supposé, je me propose seulement de montrer la confirmation qu'il reçoit de la Vie de Jésus de M. Renan : confiimation, selon moi, décisive, et après laquelle il n'y a plus de question.
Non que, jusqu'à ce jour, la valeur des prophéties fît sérieusement question : mais l'incrédulité, comme je dois le rappeler souvent, s'étant tenue, à l'égard de cette
preuye, comme à l'égard de toutes les autres, sur la négative, en avait éludé la force. Aujourd'hui qu'elle se décide enfin à sortir de ce rôle par trop chétif et par trop usé, pour se risquer sur le terrain positif de l'explication, elle y glisse fatalement dans l'aveu, et ne s'en tire que par le ridicule.
C'est ce qu'on va yoir.
Nos adversaires et nous, tombons d'accord de ce point capital, qu'une prophétie, quand elle réunit toutes les conditions, est un fait surnaturel, et équivaut au plus grand miracle.
M. Havet le dit expressément : « Toute prophétie, a tout miracle, en un mot tout merveilleux est effacé « de la Vie de Jéstis par M. Renan *. » Prophétie, miracle, merveilleux, sont posés, par lui, sur la même ligne.
tt L'orthodoxe, dit-il encore, n'a pas besoin de prbu- « ver le miracle, il est content s'il peut seulement ne « pas être forcé ou ne pas se croire forcé à le nier. Je « voudrais préciser davantage par un exemple. Le cri- « tique ouvre un Évangile et il y trouve la prédiction (( précise et circonstanciée de la prise de Jérusalem et « de la ruine du temple. // conclut tout de suite, et sans