‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 54 sur 188 · Parce qu'il en était l'objet · texte numérisé non relu

Parce qu'il en était l'objet

3. La conscience universelle n'a pas décerné ce titre ; elle l'a confessé. C'est Dieu lui-même qui, au baptême de Jésus -Christ

132 J£SUS-CURIST.

nos prophéties, toujours victorieuses de la discussion, mais aussi toujours éludées, sont enfin reconnues et admises dans leurs caractères essentiels. C'est que c'est la première fois, nous ne saurions trop rappeler l'attention du lecteur sur cette aperçu, que l'incrédulité, de négative qu'eUe avait précédenunent été, s'est faite positive et explicative.

L'explication que l'histoire donne de Jésus-Christ quand elle le présente comme le Désiré de toutes les nations, le Sauveur, le Seigneur, le Dominateur et le Christ promis et attendu depuis l'origine du monde; et lorsqu'elle montre dans'ces prophéties si prodigieuses des titres surnaturels de sa divinité, est tellement certaine, que l'incrédulité elle-même ne peut s'engager sur ce terrain historique sans tomber du premier pas dans cette explication inévitable.

a A quelque point de vue qu'on se place, dit très-bien a M. Scherer, il est certain que Jésus s'annonce comme c< l'interprète autorisé de la loi, et le libérateur promis a par les prophètes. Les jours d'une science impartiale «sont venus, et, je ne sais trop pourquoi on a c( continué à éluder la difficulté K II n'en est pas moins

et à sa transfiguration, le lui a décerné par ces paroles : Celui-ci esti&ori Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toutes mes , complaisances : écoutez-le,

1. Il y a de la candeur dans cet ëtonnement de M. Scherer, et dans l'aveu qu'il laisse échapper.

« vrai que Jésus s'est cru le Messie et s'est donné pour <c tel, et que ce jour-là a été le jour décisif, ce fait a <c été le fait capital dans Thistoire de sa pensée. C'est là oc le sens qu'il a donné à sa mission, et c'est à ce point « de Tue qu'il faut absolument se placer, si l'on veut « comprendre sa vie et son enseignement... Jésus s'est « proclamé le Messie. Or qu'est-ce que le Messie ? Le « Messie est le libérateur que Jéhovah a promis à son a peuple ; c'est le personnage surhumaindont la prophé- « tie et P Apocalypse ont pendant sept siècles développé m ou arrêté les traits ; c'est le Roi (Messie ne signifie pas a autre chose) qui doit venir ressusciter les morts, juger « les hommes, replacer les Juifs à la tôte des nations, a et, régnant éternellement sur eux, établir à jamais a sur la terre ce royaume de Jéhovah,[qui consiste dans « la vérité et la justice. Voilà ce qu'il faut savoir pour a comprendre ce qui rattache Jésus aux croyances de a l'Ancien Testament, la place qu'il occupe dans les an- « nales de sa nation, le rôle même qu'il prend dans a l'histoire religieuse des hommes : l'accomplissement ikdela prophétie messianique y voilà la clef de la vie de a Jésus, eX voilà pourquoi Y'm\xoà\xçX\oxx indispensable «c à la biographie du fondateur du christianisme, est un « récit des destinées de l'idée messianique ^ d On ne pouvait mieux expliquer notre pensée. Jusqu'à

A. Journal le Temps du 14 juillet et du 11 août 1863.

134 JÉSUS-CURIST.

ce jour, oh a continué à éluder la difficulté. Mais enfin, on se risque à l'aborder. Les jours de la science impartiale sont enfin venus. Nous vous attendions là. Cette attente a été longue, il est vrai ; n'inoporte, nous sommes toujours heureux de Voir sortir de votre bouche cet aveu, (jui pour avoir été si longtemps retenu n'en a que plus de prix: que quiconque voudra parler du fondateur du christianisme deVra partir des prophéties ; et que c'est au point de vue de la prophétie messianique, et de son accomplissement en Jésus, qu'il faut absolument se placer, si l'on veut comprendre la vie et l'enseignement de Jésus. M. Scherer, dans sa candeur, va môme jusqu'à reprocher à M. Renan de ne pas avoir été assez au fond des choses. Nous ne sommes pas si exigeants ; les aveux qu'il a faits nous suffisent *.

Reste à voir comment il s'en est tiré. M. Scherer comprendra peut-être alors pourquoi on a continué à éluder la diffidulté , et qu'on aurait mliéùx fait de l'éluder encore .

Car, enfin, là situation me pslraît embarrassante. Les prophéties sont manifestement des prodiges, des faits

4. Noas faisons grâce à M. Renan, entre autres pfOphëtiesqu'il a omises, de la grande prophétie Ecce Virgo concvpiet et pariet, dont il a insidieusement parlé à la p. 24i , nous réservant cependant d*y revenir au sujet de la Vierge Marie.

swmaturels. On en convient. On nous l'oppose même. Toute prophétie^ tout miracle, en un mot tout merveilleux, dit M. Havet, a dû être effacé de la vie de Jésus comme impossible. Tellement que, de la prédiction précise et circonstanciée de la prise de Jérusalem, rapportée dans l'évangile de saint Luc, on conclut tout de suite, et sans en demander davantage, que ce livre a été écrit après l'événement, à moins qx^on ne fournisse la preuve du contraire. Nous n'avons pas besoin de fournir une telle preuve en ce qui touche les prophéties de Malachie, de Daniel, d'Isaïe, de Jacob, d'Abraham. Bien évidemment, et de votre éclatant aveu, elles ont été écrites avant l'événement, qu'elles dominent, non de quelques années, comme la prédiction de Jésus sur Jérusalem, mais de plusieurs siècles. Nous avons donc là de vraies prophéties, et par conséquent, selon vous-même, de vrais témoignages surnaturels.

Comment M. Renan se tire-t-il de là?

Je suis embarrassé de le dire, par respect pour la raison et pour le lecteur; mais le voici :

c( Grâce à une espèce de sens prophétique, qui rend « par moments le sémite merveilleusement apte à voir (( les grandes Ugnes de l'avenir, le Juif, dit-il, a fait « entrer l'histoire dans la religion ^ >)

i. TiedeJésiktë, p. 47.

136 SÈSOSrCBMBT»

Ici pourrait s*engager un dialogue entre le lecteur et le critique.

LE LECTEUR

Voici une explication qui coupe court à bien des difficultés; comment donc avez-Tous trouvé cela?

Page 1