‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 91 sur 188 · Jd., p · texte numérisé non relu

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qu'il était la Ivmièrequi éclaire tout homme venant en ce monde; et ce qu'il a dit de lui-même : Je suis le Principe; je suis la Vérité.

Sa morale, qui s'est autorisée d'abord de ses miracles, nous en répond aujourd'hui.

Rousseau traitait cette belle vérité de cercle vicieux : Ainsi, disait-il, les miracles font croire à la doctrine, et la doctrine fait croire aux miracles. Sans aucun doute : de même que l'oiseau porte ses ailes et que ses ailes le portent ^ Et puis, il n'y a pas eu entière simultanéité dans cette réciprocité de garantie des miracles et de la morale de Jésus-Cbbist. Les miracles ont commencé par attester la doctrine, alors qu'elle paraissait encore folie au Juif et scandale au Gentil. La croix est passée du Calvaire au Capitole à coups de miracles, jusqu'à ce

4. La droiture de Bossuet fut désarçonnée un moment par une subtilité analogue du ministre Claude, dans la célèbre conférence qui amena la conversion de mademoiselle de Duras. C'est à ce moment, que sa belle âme, plus préoccupée du salut de celle qui était en jeu que son génie n'était humilié d'une défaite, dit in •petto ce fameux Ave Maria qui lui obtint, par Fentremise de la Mère du Verbe, cette belle réponse : « Qu'on ne nous reproche « point ce cercle vicieux : l'Église nous fait croire l'Écriture, « l'Écriture nous fait croire l'Église. Cela est vrai de part et « d'autre à divers égards. L'Église et l'Écriture sont tellement a faites l'une pour l'autre, et s'assortissent l'une avec l'autre si « parfaitement , qu'elles s'entre-soutiennent comme les pierres « d'une voûte et d'un édifice se tiennent mutuellement en état. « Tout est plein, dans la nature, de pareils exemples. Je porte le « bâton sur lequel je m'appuie : les chairs lient et couvrent les os qui les soutiennent, et tout s'aide mutuellement dans l'univer». »

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que son triomphe soit devenu lui-même le grand miracle. Depuis lors, la beauté morale du caractère de Jésus-Christ s'est manifestée de plus en plus àl'âme régénérée^ et elle s'est tellement fait recevoir, que c'est elle aujourd'hui qui soutient la foi aux miracles qui l'ont soutenue d'abord.

Aujourd'hui, en e£Fet, cette beauté morale du caractère de Jésus -Christ s'est tellement identifiée avec la loi morale, avec la conscience chrétienne, qu'on ne peut la nier, la blasphémer, sans nier cette loi morale, sans blasphémer la conscience même.

Qui aurait jamais imaginé de prouver cela par hypothèse, comme M. Renan vient de le faire en réalité?

Il n'a pu atteindre au caractère de Jésus-Christ qu'en passant sur l'honnêteté même, qu'en foulant aux pieds les premiers principes du vrai moral. Il les a fait plier plutôt que de les opposer à Jésus -Christ. Il a professé a hautement qu'il y a pour la sincérité plu*tt sieurs mesures... »

Mais par là, comme nous le disions en commençant, il a été se heurter contre la conscience. Elle a réagi et protesté contre cet outrage en le lui renvoyant. Il a été désavoué par tout le monde. M. Schérer et M. Havet lui-même ne l'ont pas suivi ; et comme l'a très-justement dit M. Sainte-Beuve : a II ne s'en est tiré à la satisfaction « de personne ni à la sienne propre. »

Et cependant, si la conscience humaine et chrétienne

est inviolable, le caractère de Jésus-Christ qui en est le principe régénérateur l'est inévitablement. Et si le caractère de Jésus-Christ est inviolable, si le soupçon d'imposture ne peut en approcher, c'est dans la pleine vérité et sincérité de ce caractère qu'il a fait ses miracles, lesquels sont vrais.

Les miracles évangéliques sont donc vrais, de par la conscience humaine, et

Jésus-Christ est Dieu.

Cette conclusion est tellement impérieuse, qu'elle ne laisse d'autre parti à M. Scbérer et à M. Havet lui-même que celui de la soumission»

J'ai dit que, n'ayant pas voulu suivre le sort périlleux de M. Renan, ils restaient prisonniers de la vérité.

Pour M. Havet cela est difficile, sa libre pensée s'échappant toujours par la négation de l'évidence et par la dispense de rien prouver. Cependant il reconnaît que : <c Si c'est Jean, le compagnon fidèle de Jésus, qui a ra- « conté le quatrième Évangile (et cela est reconnu par « tout le monde, même par Strauss), il n'y a plus à n douter qu'une scène comme celle-là (la résurrection « de Lazare) se soit passée à Béthanie. Dès lors, ou bien ik il faut reconnaître le miracle (et ce n'est pas M. Renan

« qui pourra jamais s'y résoudre), ou bien il faut sup- « poser une fraude pieuse et je ne sais quelle illusion « qu*on a voulu faire aux spectateurs. D'où la doctrine « singulière qui permet au prophète de mentir (p. 253 « de la Vie de Jésus) ^ à peu près comme Platon le perti met aux chefs des peuples, et qui suppose que Jésus « en effet a menti, altérant ainsi une figure d'ailleurs a si constamment idéale dans tout le livre ^ » // n'y a donc plus à douter de la résurrection de Lazare si saint Jean est Fauteur du quatrième Évangile : et ceci ne fait question que pour M. Havet.

Quant àM. Schérer, sa soumission est plus explicite. Il commence par suivre M. Renan dans sa fâcheuse théorie de la sincérité à plusieurs mesures, et puis, après s'être donné ce tort gratuit, se demandant si on doit étendre cette théorie au fondateur du Christianisme, il répond parfaitement ; « Je n'hésite pas à le nier, » et il déduit les raisons tirées du caractère de Jésus-Ghrist qui lui font « repousser absolument y> le sentiment de M. Renan à ce sujet.

Mais alors, reprend-il, revient la question des miracles. Et pour s'en tirer, il se jette dans une distinction péniblement élaborée entre les petits et les grands miracles, mettant ceux-ci arbitrairement sur le compte de la légende, retenant ceux-là au compte de l'histoire évan-

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