Yie de Jésus, p
Mais, témoignage admirable de la vérité dans ce grand outrage! il ne tranche ainsi la difficulté en Jésus, qu'en se rejetant sur la conscience humaine, par la négation de ses plus imprescriptibles lois, par Taj^olôgie de Timposture.
Par là, il fait ressortir au plus haut point cet invincible argument où toute incrédulité viendra échouer, et qui a été formulé ainsi par Un grand critique.
a II faut, selon moi, croire au grand principe des micc racles, ou arriver à cette conclusion abstirde, sihon « inconcevable, que le Christ était un fripon, et que « ses disciples furent ses dupes ou des menteurs, n
Ce jugement est d'un homme qui a fait révolution dans la science historique, par Theureuse hardiesse de ses investigations, le célèbre Niebuhi**. Le même àtoour de la vérité qui lui avait Tait bouleverser le champ fabuleux de la plupart des origines de l'histoire, lui avait fait reconnaître la soUdité inébranlable des origines du Christianisme, et du grand fait des miracles, qui en est le premier fondement.
Cet argument est admirable, en ce que l'incrédulité y est ramenée de ses mille fuites, qu'elle y est acculée et comme bloquée ; — et nul, jusqu'à ce jour, n'a mieux servi à le montrer que M. Renan.
En effet :
\. Voir Bemie britannique de décembre 4840.
240 JÉSOS-CHRIST.
Le monde physique diffère du monde moral en ce que les lois du monde physique sont constantes en ellesmêmes, mais non pas nécessaires, et que, dès lors, le miracle qui y déroge est possible : tandis que les lois du monde moral sont, non-seulement constantes, mais nécessaires et absolues, et que toute exception à ces lois est impossible. La résurrection d'un mort n'implique pas contradiction avec la puissance qui a créé la vie; au contraire : tandis que le mensonge implique contradiction avec la vérité et avec la conscience. Plus on s'élève à la Puissance que révèlent les lois de la nature physique, plus le miracle apparaît comme possible : plus on s'élève à la Justice que révèlent les lois de la nature morale, plus leur compatibilité avec le mensonge apparaît comme impossible. Celui qu'on conçoit le plus comme pouvant faire fléchir les lois physiques, Dieu, est celui qu'on conçoit le moins comme pouvant faire fléchir les lois morales.
Là donc où nous avons d'un côté les lois physiques, de l'autre les lois morales, et que pour prendre parti il faut absolument nous prononcer sur l'inviolabilité des unes ou des autres de ces lois, le doute ne saurait être possible. L'inviolabilité absolue des lois morales nous pousse, en ce cas, à reconnaître la dérogation aux lois physiques : le miracle.
La croyance au miracle repose alors sur la conscience même; elle l'a pour garant.
C'est ce qui se présente par rapport à Jésus- Christ et à ses miracles.
Ses miracles sont possibles, et ils sont historiquement ce qu'il y a de plus prouvé.
L'immoralité en lui est impossible, étant lui-même l'idéal moral.
Ses miracles sont donc vrais comme lui-même, comme la conscience humaine en lui.
On ne pourrait échapper à cette conclusion qu'en niant cette identification de Jésus avec l'idéal moral et avec la conscience humaine.
Or, tout le monde aujourd'hui décerne à Jésus- Christ cet hommage.
Notre idéal moral nous vient de Jésus-Christ luimême. Il a élevé la conscience humaine à une hauteur qu'elle n'avait jamais connue avant lui. Lui seul l'y soutient. « La morale évangélique, dit M. Renan, est la « plus haute création qui soit sortie de la conscience « humaine, le plus beau code de la vie parfaite qu'au- « cun moraliste ait tracé*. » — Et Jésus reste pour l'humanité un « principe inépuisable de renaissances «c morales^.
Jésus-Christ est devenu notre conscience, laquelle n'est plus seulement humaine, mais chrétienne. Et il a, par là, magnifiquement justifié ce qui a été dit de lui,