‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 93 sur 188 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Nous voici arrivés au cœur de la Vérité, à sa personne, à l'adorable personne de Notre- Seigneur et Sauveur Jésus^Christ, Fils de Dieu, et Dieu même, Parole de la Toute-Puissance, qui a fait le monde dans son Amour, et qui, en témoignage de la même puissance et du même amour a refait le monde. « Qui, après l'avoir formé, « comme dit Platon, sur la foi d'anciennes traditions, « l'abandonna à sa liberté, et se retira comme dans un « lieu d'observation ; mais qui, ce monde s'étant de « plus en plus dévoyé jusqu'à courir, sur la fin, le ris- « que d'une entière destruction, le voyant dans cette « extrémité, et ne voulant point qu'assailli et dissous « par le désordre il s'abimàt dans l'espace infini de la « dissemblance *; est revenu s'asseoir au gouvernail, a (( réparé ce qui était altéré ou détruit, a reformé, or- « donné le monde, et l'a affranchi de la mort. » Propres

1 • Expression admirable, l'humanité ayant été faite à l'image de Dieu et à sa ressemblance!

paroles de Platon dans le Politique^, où, d'après nos prophéties incontestablement, il traçait ainsi par anticipation rhistoire du Christianisme, et, dans les ténèbres du paganisme, montrait ce que nos philosophes ne voient pas dans la lumière de la rédemption.

Pour nous, que Dieu a préservés par sa grâce d'un tel aveuglement, nous, monde racheté par celui qui l'a foiiné, adorant dans Jésus-Christ l'Auteur de notre existence et de notre délivrance, nous resterions anéantis dans cette adoration, si la bonté et la grâce en lui, voilant la majesté et la puissance, ne venaient nous délier de la crainte par l'amour.

Quelle bonté que celle qui a exposé une telle majesté à nos blasphèmes ! quelle grâce que celle qui leur réserve encore un pardon ! Mais quelle justice n'attend pas le mépris de cette bonté et de cette grâce!

Amice^ dit-il à son disciple apostat, adquidvenisti? Ami, que j'ai recueilli dans mon sein, que j'ai fait le confident, l'élève et le famiUer de mes mystères, et que j'ai nourri de mon sang, à quel dessein m'abordez-vous, me signalez-vous par ce baiser, qui vous signale vousmême à l'exécration du monde? Pourquoi cette hypocrite démonstration, cette perfide louange qui recèle tant d'odieux outrages et de sacrilèges mépris? . M. Renan n'a pas tenu parole, et un plus franc adver-

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