IV
Par la xertn de- sa moct, il a couronni le-graniL ouvrage de sa mission. *
G mort! mort touchante, dont le seulrécit arrache les larmes, seriez-vous donc la mort d'un homme coupable, d'un homme ennemi 4e Dieu? Alors, soleil éclipsé, pour*quoi vous couvrir de nuages sombres? Avez* vous craint d'éolairor cette injuste mort? Et vous, pierres, et vous, rochers, pourquoî vous fendre de douleur? Etait-ce pour re* • procher aux hommes Finsensibilîté de leur cœur ? Et vous, terre tremblante et ébrnnlée • jusque dans vos fondements , avee-vous * voulu par votre deuil honorer les obsèques • de votre auteur?
Mais toi> Jérusalem, ville infortunée >
ville.maudit6i qui fes noyée dans le sang de ton Rédempteur, viens ici présenter à nos yeux étonnés tes funestes ruines , tes débris lamentables, et dans ces ruines, ces débris, le spectacle effrayant des vengeances célestes. Ce Dieu Sauveur te l'avait annoncé en gémissant sur ton sort et sur ton malheur : •— a Jérusalem , Jérusalem , qui as mis à mort les prophètes et les envoyés de IHeu , combien de fois ai-je voulu réunir tes enfants dans mon cœur, comme la poule réunit ses petits sous ses ailes ! tu f es re- ' fusée à mes invitations et à mes empressements ; mais je vois arriver le jour funeste où, en punition de tes crimes, tes eimemis t^nvironneront de toutes parts, f accableront sous les efforts de leurs armes, et enfin ne laisseront plus en toi pierre sur pierre, b Jérusalem, ville saccagée, ville renversée, considère les désastres de tes habitants dont Dieu, juste vengeur., poursuit encore aujourd'hui les déplorables restes, ou plutôt qu'une vengeance encore pins terrible conjClrve pour les présenter en spectacle et en
6P objet d'exécration à toutes les nations et à tous les siècles. « — Mon Père, pardonnez^ leur, car ils ne savent ce qu'ils font! »
a Et cependant, a dit Lamennais, depuis 1800 ans, le Père étemel ne leur a pas encore pardonné, et depuis 1800 ans, ils traînent leur opprobre par toute la terre, et par touta la terre Tesclave Qst forcé de s'abaisser pour les voir. )>
Disgrftces efi&oyables ! que peuvent-elle»
être que la punition affireuse du déicide^ et par là même la preuve sensible et toujours subsistante de la divinité de Jésus-Christ?
Car, s'il n'eût pas été Dieu, en se disant tel, sa mort, loin de mériter une vengeance ter^ rible, n'aurait-elle pas été l'action la plus juste, la plus légitime aux yeux de Dieu et des hommes) et pour une action de cette nature, Dieu, souverainement juste, continuerait-il durant tant de siècles de poursuivre une nation qu'il avait lui-même choisie préférablement à toutes les autres nations de la terre ? Quelle peut donc être la cause de tous ces malheurs, si ce n'est qu'en
crucifiant Jésas^ChriBt , ce peuple iiiau>^ dit a mis le comble à ses crimes; qu^Btt portant ses mains sacrilèges sur Foint-du Seigneur, il n^a plus laissé de lieu à la miséricorde ; qu'il a mis le sceau à sa réproba* thm ; qu^il s'est obstiné à fermer les yeur à la* lumière et le cœur à la grâce T
Ainsi devaient être vengés le sang et la mort d'un Dieu Sauveur, afin que Funivèrs ne pût méconnaître le bras; qui s'appesantissait sur le peuple qui enftit l'auteur^ et que tous ceux qui en seraient les: témoins, fussent effrayés, en voyant les effets de cette imprécation redoutable que ce peuple fôf^cené avait faite sur lui-m^e et ses enfants^. - — Sanguis ejus st^er no8 et super filiàs no9^ iros ; queson sang rétombe sur nous ^Vm»{ II09 en&nts;.*
Mais nous , convaincus par toutes^ œs' preuves, et étonnés à la vue de tous cespro^digês, entrons^ dans les seotimentS" de re»*pect, d'admiration, d'adoration en esprit ; et> ténKHnS'de tmites ces mterveilles, allons' nous prostemertitt pied de la etoix, et, dans^
tto saiût tremMem^nt et uùe religieiwc -frayeur, nous éerieraTec le centurion, tousché, pénétré , converti : Vere Filius Bei erat ist9 Oui ,cet homme est véritablement Fils de Dieu ! '
Si Farbre «e connaît par ses fruits , et si par l'ouvragé on coîmatt l'^ouvrier, la religion de Jésug-Christ étant un ouvrage di- 'vin, que pen«era-t-on donc de lui, si ce n'est quMl est lui-même un Hemme-DM, le Fils de Dieu, vrai Dieti de vrai Dieu, fife- -gitu$ Dêi e^Mc. Erod. Vtii, W.)
Oui, je le rends, ce glorieux témoignage 'à ma foi, et que ne puis-je le signer ^e mon sang!
Oui, je croîs en particulier que vous êtes descendu sur la terre pour le salut des hommes ; je crois que vous avez vécu et habité un teiùps en ce monde, pour nous servir en tout de modèle ; je crois que vous êtes mort sur la croix pour nous racheter au prix même de votee sang ; je crois que vous régnez à présent triomphant et glorieux
dans le ciel ; je crois que tous viendrez un jour, en qualité de juge souverain des vivants et des morts^ rendre à chacun selon ses œuvres. ^
bans ce grand jour 'où vous viendrez juger Tunivers qui vous a jugé, j'espère trouver grâce à vos yeux; je vous la demande à présent par cette vie sainte que vous avez menée sur la terre, par l'effusion de ce sang adorable que vous avez versé pour les pécheurs ; je vous la demande par votre divinité même que je crois, que je reconnais, que j'adore; puissé-je l'adorer, la louer, la bénir éternellement dans le ciel, et vous y posséder à jamais en qualité de Tloi de gloire et de Dieu des vertus !
Régi îœculorum immortali^ — soli Deo, hànor et gloriat (I Tim. 1.)
Imp. Divryct G*, tue N^D. des Champs, 49.