‹ La dixième escouade; scène de la vie du frontChapitre 6 sur 15 · SCÈNE IV BOUDEPIPE, seul · texte numérisé non relu

SCÈNE IV BOUDEPIPE, seul

Petit type dèp^ourdi, il a fait un brin do toilettp. Entrant discrètement.

Tiens! plus personne, çà tombe bien, (contidentieiiemeui.) Je vais être à mon aise pour la voir, la contempler, par c'te fenêtre, je pourrai la regarder sans me gêner. Je l'ai rencontrée ce matin, on aurait dit un rayon de printemps, elle est blonde comme les blés, des yeux profonds comme l'onde,

des pieds mignons comme... (cherchant une expression.)

pas comme les miens, pour sûr. Ça m'a lait rêver au bon temps d'autrefois, quand on ne pensait guère à la guerre, on- se régalait au bras d'une

petite lemme. (se ;ançant dans une déniunstration, borcé

par ses souvenirs.) Je me rappelle la dernière fois, c'était en juin, la soirée était délicieuse la brise parfumée frôlait les grands tilleuls et les couples enlacés valsaient avec entrain aux sons des joyeux flonflons de la musique. J'avais une petite à mon bras, gentille comme un amour, fraîche comme une rose, nous nous promenâmes longtemps ensemble, cela nous semblait si doux d'être l'un près de l'autie. Maintenant là-bas tout est changé, les pleurs et les soupirs ont remplacé la chanson des violons. 3Iais pour moi, ce rêve vient de réapparaître par la vision d'une |>etilo, rencontrée tantôt

dans le village. Elle va repasser sûrement. (Retournant à ly feiiùtre.) Attention! je crois que la voilà!

Il mouto sur lo banc prôa de la fojjèlre pour nuoax la voir.

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