‹ La doctrine de Malherbe d'après son commentaire sur DesportesChapitre 55 sur 106 · or PHONO.M PKRSONNEL · texte numérisé non relu

or PHONO.M PKRSONNEL

Pronom sujet. — (Misait, cl il rM AW |.arl<)iil. i^nm ^(»ii\(Miir (le riisa-c (lo la vieille lan-iie, les écrivains, jusi^n'à la liii .lu XVI'" siècle, se sont dispensés très souvent d'cx[)rimer le pronom personnel sujet. Et, en etïel, les exemples qu'on peut citer de celle ellipse, soit en vers, soit en prose, sont innom])ra])les.

l'ourlant qnels qu'ils soient, ils ne prouvent pas. >elon nous, que lusage de la langue autorisât (Micore, sauf dans des cas tout spéciaux, cette façon d'éciire. On n'a pas assez pris garde (|ue Honsard déjà recommande au jioètede ne pas oublieiu les pronoms primitifs comme y^, (u, s'il veut (jue ses carmes soient jKirlails el de toutpoincts bien accomplis. » ijOr, Ronsard ne se soumet 2; à une règle grammaticale (|ue si elle est bien établie, c'est déjà une indication. La règle en ellet est dans Hamus (>l très formelle : " Les |)remières et secondes persones (com])ien c<ii latin (de" soiM souvent entendues) son' toujours e\piiuuM>es. » (3j

l n peu plus tard, Deimier nous fournit un témoignage très précis de 1 usage de sou temps : u Ouand ou parle ccnnnuinémenl. dit-il, on ne dit jamais; (( puisqu'il vous plaist, Monsieur, el qu'^/tv;

(1) Œuv. VIII, 320

(2) Cela ne vaut pas dire (lue Honsard ne sous-enlen»ie pas, lui-même ces pronoms. Cestune licence qu'il se permet.

''^) Ib. 91. Comp. Garnior el Eslienne, daprùs Hasse. Sif))(ax,^ S.

;^78 i>A DOuitiNn di; m M.iir.hi'.K

laiil (r.illrction » mais hicii loiisjoiirs en (-eslf façon : |iiii>qii"il vous ijlaisl, Monsieur et que cous avez, etc. Ouc si Ynn observe ccst,' réir/lv au cominitn /a/if/af/e, à plus forte raison la doit-on employer

aux vers. » (1)

Ailleurs encore, à propos de ce vers :

l<:t pour mieux y penser chassay le souvenir. il ajoule : il est nécessaire de dire : Je chassay.

De ce passage ^2) et des observations qui renloureul. il résulte que la langue courante ignorait dès lors l'ellipse du pronom et qu'au contraire les auteurs continuaient à se la permettre dans certains cas. Ces cas, Maupas, qui donne la même règle (mais avec moins de force) va nous les énumérer en gros :

(( Haremcntadvientque nous obmettionsces pronoms nomnicitils. car nostre langue, qui évite tant qu'il se peut, rambiguïté. en use pour distinguer les personnes des verbes.

« Exceptez es réponses concessives... Vous escriwz : Non /ai/, si

faites. (3)

« Item quand la conjonction e/ et v/ conjoignent quelque appendice à un propos précèdent où la personne a esté suflisamnu'ut exprimée ; Vous ni avez bien conseillé et vous croira;/ une autre fois. Il vous res/jecte et si vous servira bien.

« Souvent aussi obmettons-nous les première et seconde [tersonnes plurieres aussi en suite de propos, et après les conjonctions et. aussi, que, uussi-que. .Vai/ reeeu les letres que m'avez envoyées. Vous voyez qu avons soin de vous et aimons vostre profit. » (4)

Malherbe, en bon logicien qu'il était, s'efforça de diminuer encore ces exceptions et de généraliser l'usage du pronom, nous allons le montrer, en suivant les classifications indiquées par Maupas.

(I) Acad. p. 117.

(î) Jb. VM. Le vers est lire des Am. cVH. son. 40.

()n ajoutera que suivant lArt poôti(iue d'Esprit Aubert, l'ellipse du pronom est un vice (c'est le treizième. V. p. 889, col 1)

^3) Malherbe écrit ainsi, sans dire à propos d'aucun passage de Desporles qu'il approuve ou désapprouve ees locutions.

i4') Grnni. [o (53, r". { l* éd. p. 1-29).

• •lis I'KM.NoMS •{-<)

l{>u,lr >,nirra/r. I , — L,. ,,n,nom os( I.Mijo.irs ohli^aloin- ,/rnn,l vl,n,,„r rrrh. ; la clarlr I. (Irma.,,!,, .{ud.jurluis, (2, la },^,a,„main. le vi'ill (oiiiDiiis. |']\-. :

Mny-iiiesme en axj fait preuve, il I.; faut confesser. « Nota. » (3)

Ouvrant ce beau coral, qui les baisers attire, Me dit ce doux propos.

« Elle oublié. » (4)

Caspartindiors. 1. (»roposili,,„s sul,..r,lonnées. (I. — Apivs nu i-elalif.

Afin que vous souffriez ce qu'«re; mérité. Le vers est faulii; il faut vous, (o)

Le Roy qui n'eu peut plus se jette à la renverse Sur riierbe, où sans parler demeure longuement. Kn note : « il. » (6)

^'^^ autres de fleurs ton carquois remplissovent

Dont convroijent ce^ amans comme d'un -rand nuage. En note : « i/.s. .> (7)

Deimier est <raccord avec Malherbe, et prouve ain.i que ces exigences étaient fondées sur l'usage. (8)

(1) Pour les verbes impersonnels voir au verbe. (^) Desportes ayant écrit :

L'enfer de ses hauls cris est lont retoiuissant Et se dAbat si fort que la lianjue froissée Laisse au milieu de l'eau sa charge renversée. Mallierbe fait sciiblant de ne pas (..u.pren.lre : . Gomme il le dit il ne c,p peu entendre, sinon que .enfer .toit Uans ,a barque et q. 'e se d^ a t d a lit renverser >. Im. de l'Ar. La mort de Ko.l., IV los (•^) El. II, el, 1, IV, 380. ' '■

(4) D. II, songe, IV, 280.

(5) El. L 9, IV, 363 et 364 ; Cari, et Masc. cart 2 IV IG] (o) Im. de l'Ar. Angel., IV, 419 ' , ■

380 l-'^ DOi.TltlNF. r)K \l\IJIF.ItHi;

/y — Aprrs iiMf! coiiJMiictioii.

y) api'^'s ([uc s<'|)aié du ve!'l)o :

Je mouriay bien contant de vous faire plaisir Mais fasciié que de tnoy ne fierez plus servie.

« Voidi deost. » (i)

^'') après que non S(''|)ar(' du vcrho.

Maistresse, quand je voy qu'avez si mal choisi!

(( Voii>i oublié. » (2)

Sur ces deux points Deimicr se rencontre encore avec Malherbe et à propos d'un nicme vers de Desportes. (3)

.^) — Après d'autres conjonctions.

Car comme tous ensemble avez fut le péché.

(( Vouf!. » (4)

Puisque ne voyez mon martyre.

« Fo//.s oublié. » (o)

Et si 11 avez pitié.

« Vous. ■» (6)

Puis quand verrez mon âme.

« Faute du pronom. » (7) j

II. Propositions principales qui suivent une proposition f subordonnée.

Lorsqu'ils pensoyent cueilli i' le doux fruit de leurs paines. Ont receu pour tout bien des espérances vaincs. (8) ,

(( Ih est oublié. » '

(1) Am d'H. ch. 7, IV. 324. Comp. El. I, 9, IV, 363. D. I, 27, IV, 254.

('>) El I 10 IV 365; Comp. Am. d'H. cli. 9, 324 et 325. Cleon. 31, n, 33G fîer.7.'e^Masc.Disc..IV,451; El. II, î- TV, 380 : Z). II. 55, IV, 2'JO ; El.\, 10.' IV, 365; ib. 15, IV, 372; Am. d'H. 62. IV. 317 ; Cleoa. 40, IV, 338

[Z) Acad. p. 374, 375, 145, 448. Voir en particulier à la page 147.

(4) El.l. 9, IV. 363.

(5) Am.d'H ch.9, IV, 324.

(()) Im. de l'Ar. La mort de Rod.. IV, 409.

(7) Am. d'H. 28, IV, 305 ; Comp. D. II, (i5, IV, 293.

(8) Cart. et Masc. cart. 1, IV, 460 ; Com. D. H, st. !, IV. 28Ù.

DKS l'IKiNOMS 'lui

Or ainsi que tousjours .le plus près il s-ap,>roche Voi^ ces vers de Medor engrave/ fraischement. « //voit. » (1)

Si tu veux, ce grand feu sera moins rjue fumée H presque ignorerai que tu laves aimée « Tu ». (2)

Commo on a pu le voir pa,- .os .xomplos, Malherh. n'adm-d aucune excepUon pour les cas où un pronom de même personne a été expnme devant un verbe qui précède. D'où cotte ivgle ,„e q-^and doux propositions sont subordonnées l'une à l'autre lé pronom se répète et s'exprime dans chacune d'elles. (3)

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