LIVRE CINQUIÈME. o
effroyables perversités du ma] ? Quand Leibnitzaagi contre s. co„sc,e„ce n'a-t-il pas été incomparablement plus co,-
Quand Voltaire s'est refusé à accomplir le bien, n'était-il pas Plus dépravé, que ces valets effrontés dès leur enfance ou encombraient les antichambres du xvui' siècle?
Pourquoi la vertu doit-elle passer avant l'instruction > 1 arce que, moralement, le mérite et la récompense sont caches, non aux résultats que nous atteignons, mais t „ entton et à la qualité de nos efforts. Avoir beaucoup d -
quant a Dieu, d constdérera seulement le but que nou nous sommes proposé, et la sagesse que nous aurons dé ployée dans nos études. Si le but de notre travail est la lire
sotuS': T1 OUrédifi-io» d» P-hain ; si nos eîCt sont règles par la saine raison et le respect de la loi divine ■ notre science sera obtenue vertueusement, et il nous sera tenu plus compte au tribunal de Dieu, de notre m „ d acquérir le savoir et de notre bonne intention, que de h science même. Tandis que s'abandonner avec' 'passion I me .nation naturelle qui nous porte à apprendre ne saurait être une action vertueuse.
« Si je connaissais tout ce qui est dans le monde sans oir la chanté, à quoi cela me servirait-il devant Die , me )Ugera sur mes œuvres ? » I. n, a 4
CeSt ce que faisait ressortir dans 'ses réflexions sur H C qui a traduite avec amour, un homme de grande science '
èct ]TT\ , mer; B "e S'agira Pas de 8— « ^'espèces, de problèmes de mathématiques ou d'histoire •
-amen sera le même pour tous. Aux philosoph £^
mathématiciens, aux historiens, on fera les mêmes ques-
'-ns qu'au reste des hommes. Quelles vertus as- iTp -
lgé LA DOCTRINE DU LIVRE DE- I. C.
tiquées, quels vices as-tu combattus, quels péchés as-tu commis, quelles pénitences as-tu faites pour les expier Beaucoup d'élus sont dans le ciel pour avotr pratrqu 1 Evangile, sans avoir étudié la philosophie. Ceux-là ont choisi la bonne part qui ne leur sera pas otee. Y a-t-il aussi des philosophes qui soient au paradis ? En tout cas ce ne serait pas pour avoir compté les astres, mesure h .distance des planètes, prédit le retour des éclipses. » (Wailly.) Ce serait une erreur de penser que l'auteur de 1 1. U soit le seul écrivain ascétique qui recommande de taire passer la vertu avant la science. On peut dire qu il ne lait que reproduire les enseignements de tous les maîtres de ?a vie spirituelle. On trouve une doctrine semblable dans les écrits des plus autorisés personnages de la scolastique Sans parler de' saint Bernard, d'Albert le Grand, de sain Thomas, de tous les Docteurs anciens et modernes nous citerons l'autorité d'un maître en théologie dont le témoignage ne saurait être suspect, Robert de Sorbon le fondateur du célèbre collège de Sorbonne : .1 reprocha* aux savants de faire passer la religion pratique, après a théologie contentieuse. Il disait : « Les livres sur lesquels nos Docteurs pâlissent, les livres de Priscien d Anstote de Justinien, de Gratien, d'Hippocrate, sont, , en conviens de très beaux livres, mais ils n'enseignent pas la vo e du salut. » H ajoutait : « Voulez-vous savoir quel est k plus grand clerc ? Non, certes, ce n'est pas celui qui, après avoir longtemps veillé devant sa lampe, s'est fait recevoir a Par s maître ès-arts, docteur en décret, en médecine, etc. . c est celui qui plus aime le Seigneur. »
Rien de plus philosophique qu'une telle doctrine.
Le savoir est-il un bien par lui-même? Incontestable-
ment.