LIVRE CINQUIEME. o
Après avoir constate que l'homme a l'inclination naturelle desavoir, notre auteur ajoute : «Mais qu'importe h science sans crainte ? » I. n, 1. "'porte la
Que veut dire cette parole :' science sans crainte > Est-ce la science téméraire et effrénée, ^abandonnant à toutes 1 Pécukttons, sans être contenue par aucune considérât o" ou bien, est-ce science sans crainte de Dieu, c'est-à-fe sans moralité ? Notre auteur doit 1 avoir ente du ,' i ï d revtçnt souvent sur la nécessité de foire passer la vern
h Trinité f , \ S1' manqUant d'humiHté' tu ^pla.s à v s oui fo, h"°,S e',1 : œ "e S°nt PaS ,eS «««-»«*.
zz^^:::rtr : c'est ,a vie vertueuse qui
Beaucoup parmi nos contemporains, seraient étonnés qu on leur adressât un semblable discours. On en arrive volontiers, de notre temps, à tenir instruction, littérature musique, arts, sciences, pour des religions et pour la v^tu
La science est un objet, bon en soi, sur lequel s'exerce
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ta moralité, elle peut devenir un acte méritoire ; mais elle
ensteSeTU e" SOi' f SUrt0Ut V6rtU t0taIe- *■ WÏÏ es même dangereuse, lorsque, séparée de la vertu, on enend s en faire une arme pour ses passions. Comme "l est
mieux ou^Tr. Pa3Tn qUi Sen Dieu' vaut «"rf»«t
mieux qu un philosophe superbe, qui considère le cours du ciel, en se négligeant lui-même. » I. „ 2
« Hélas! dit saint Augustin, à quoi me servait cette
uptitudeet cette vivacité d'esprit! avec laquelle je p !
■Ktiais toutes les sciences et j'éclaircissais seul, sans le se-
c , LA DOCTRINE DU L1VUF. DIÎ. I. C.
cours de personne, tant de livres obscurs et difficiles, puisque j'étiis tombé en des difformités morales et dans une indifférence si honteuse pour les choses de la piété ? Et les petits et les simples, qui avaient l'esprit plus lent, ri' étaient-ils pas plus heureux, puisqu'ils ne s'égaraient pas comme moi, et que, restant dans le nid de la sainte Église, ils y attendaient en paix la venue de leurs ailes ? » (Confess., hb. IV,
Remarquons-le bien, il ne s'agit ici que de la valeur devint Dieu. L'ignorant vertueux sera récompensé de sa vertu par le juste Juge, et, malgré sa science, le docte vicieux sera puni. Bien qu'il soit vrai que lagloire de Dieu est le tout de l'homme, il n'en reste pas moins, que, humainement parlant un Archimède immoral rendra plus de services matériels à la société, qu'un humble paysan servant Dieu. Mais qu'importe à Archimède de gagner l'univers s'il ne remplit pas sa destinée ? Qu'il vaut mieux à l'humble paysan d être resté ignorant et d'avoir servi Dieu !
Notre auteur va même plus loin. Il déclare que 1 instruction augmente la responsabilité morale.
« Plus et mieux tu sais, d'autant tu en seras plus sévèrement jugé, si tu n'as pas vécu saintement.
« Quelque grande que soit ton habileté ou ta science, n'en tire point vanité, mais redoute les connaissances acquises. » I- h, io, il. , , . i i • „■ ' La science n'échappe pas, en effet, à la lo, de la justice. Il sera demandé davantage à qui aura eu davantage. L instruction est une force : chacun est tenu d'agir en proportion de sa puissance. La vertu du philosophe et du théologien doit l'emporter sur celle du simple artisan : leurs foutes sont plus graves. Ne savent-ils pas mieux que i- <morant les profondes raisons d'accomplir le bien et les