‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 187 sur 336 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

cause, contenue dans la propre énergie intime, est trop souvent sommeillante. P

j2UVfemm d\bon P"*»*. ~ Dans ce but, il est nécessaire de renouveler souvent le bon propos

vie" PVHndS Une fermf réS°,Uti0n d'amender sans «sse ta vie, et d avancer vers le mieux. » IV vu 5

S., malgré la sincérité de nos desseins, nous nous rerouvons infidèles, gardons-nous bien de n'ous laisser aller u découragement; reprenons plutôt nos résolutions avec un nouveau déstr de les mieux observer, et ne cessons pa de poursuivre le but que nous nous sommes proposé ~, «pendant, en Dieu seul, dans la misérLrde de Notre-Seigneur, toute notre confiance.

« Chaque jour nous devons renouveler notre bon pro-

SuTleT " ^ ' Ll f£rVeUr' C°mme Si n°US en ét-"s venus e our même à nous convertir pour la première fois,

et .1 faut dire : A,dez-moi, Seigneur... ce que j'ai fai Jusqu'à présent n'est rien. », I. XIX, 3, 4. q ' ' &" Saint Bernard avait continuellement dans le cœur et très souvent sur les lèvres : « Bernard, Bernard, qu'es-tu

IT^nêV- -,' SahK ^^ arrogeait souvent " Arsène, disait-il, pourquoi as-tu quitté le monde? Quelle

dansCht0Re|ln•ent^n, £n rabMdonnant' « en te retirant uans la Religion ? »

« Veille et sois diligent dans le service de Dieu dit 1- <-., et pense souvent à quelle fin tu es venu ici, et pour quelle raison tu as quitté le siècle. » I. xxv ,

C est la même pensée qu'exprime Louis de Blois en termes Presque identiques à ceux de notre livre :

entr'wiere.S0UVelltetSérieUSement' ***• P0»^ tu es «ntré dans le monastère : c'est afin que, mort au monde et

g2 LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.

à toi-même, tu vives à Dieu seul. Travaille donc de toutes tes forces à accomplir ici ce que tu es venu accomplir... Loin de toi l'indolence! Lève-toi, veille, tiens-toi sur tes gardes, paye de ta personne, et ne t'épargne pas pour ton bonheur. C'est ce que Dieu, c'est ce que ton état demande, exige de toi. Tu t'appelles moine ; sois en réalité ce que dit ton nom, fais l'œuvre d'un moine. »

Les retraites annuelles, les retraites du mois, ne sont pas autre chose que des rajeunissements ou des rafraîchissements de bonne volonté. ,

On cherche, de nos jours, les règles de 1 éducation de la volonté. Elles sont déjà tracées avec sagesse par 1 Eglise et pratiquées avec succès par ses enfants. Il n y a rien de mieux à faire que de s'inspirer de sa doctrine et de ses mœurs. Néanmoins, il faut se garder de séparer le dogme chrétien de la morale chrétienne. C'est là que se trouve l'infirmité de certains systèmes contemporains. Ils voudraient adopter la conduite de l'Église, sans en adopter l'esprit. L'une ne saurait aller sans l'autre.

Examen de conscience, fidélité aux petites choses. - Il ne faut pas confondre le renouvellement du bon propos avec 1 examen de conscience. Le renouvellement du bon propos combat la négligence de la volonté, qui oublie aisément ses bonnes résolutions. L'examen de conscience a surtout pour but le bon emploi des efforts.

C'est contre la confusion et l'inconscience de la conduite que les spirituels dirigent des efforts assidus.

Ils maintiennent la volonté dans la bonne direction et dans k ténacité de l'effort par deux pratiques, celle de 1 examen de conscience, et celle de la fidélité aux petites choses. Il n'y a rien de comparable, en aucun système d asce-

LIVKE SEPTIÈME. ,g,

tique, à la méthode d'examen de conscience, recommandée par saint Ignace de Loyola. Sans en faire valoir les autres mentes, û suffit ici de faire remarquer combien la surveilance continuelle de la volonté, et la préoccupation de ne lui jamais accorder aucun laisser-faire, aucun laisser-passer sont de nature à ne permettre aucun de ces crochets si familiers à notre nature abandonnée à elle-même.

Cette tenue de livres, ce compte rendu rigoureux de l'examen de conscience, doit se faire au moins une fois par jour. « Si tu n'es pas capable de te recueillir continuellement recueille-toi, du moins, de temps en temps, ne serait-ce qu une fois par jour, le matin et le soir. Le matin, prends tes résolutions.; le soir, discute ta conduite, comment tu as parle, agi, et pensé, car tu as peut-être ainsi bien souvent offense Dieu et le prochain. » I. xix, 15, 16.

L'examen de conscience tient la volonté en arrêt La fidehté aux petites choses, ainsi que disent les auteurs de spiritualité (en d'autres termes, soin d'accomplir tous ses devoirs sans exception, quelque menus qu'ils soient et de les accomplir du mieux qu'on le peut), la fidélité aux petites choses donne à la volonté, par l'habitude, le goût et la facilité de persévérer dans la vertu.

Les petites vertus disposent aux grandes vertus, en facilitant 1 exercice du bien, en augmentant la grâce sanctifiante, en obtenant des grâces actuelles. Les petits péchés conduisent à de plus grands. Les libertés qu'on donne à ses yeux, â sa langue, à ses sens, mènent à la détraction, à i inimitié, a la colère, etc. Il faut prendre l'habitude d'être exact dans les petites choses, afin de n'être pas surpris dans les occasions importantes. Il faut surtout s'habituer 1 être toujours dans l'ordre et la règle, afin que la volonté ne so.t pas perpétuellement sollicitée à s'abandonner â son

g LA DOCTRINE DU LIVRE DE 1. C.

instabilité naturelle. « Celui qui n'évite pas les petits défauts, peu à peu tombe dans de plus grands. » I. xxv, 49.

La grâce Après les adjuvants internes/la Religion met à la disposition de l'ascète des adjuvants externes.

Peu d'expressions reviennent plus souvent dans le livre de 11. C que celle de grâce. Le mot est employé en deux sens, non pas contraires, mais différents.

Dans quelques passages l'auteur oppose le mot de grâce a celui de nature : ainsi, dans le célèbre chapitre liv< du livre III • « Des différents mouvements de la nature et de la grâce. » L'auteur de 11. C. désigne ainsi les tendances contraires de l'esprit naturel et de l'esprit régénère, du vieil homme et de l'homme nouveau, du paganisme et du christianisme, de la chair et de l'esprit, toutes expressions consacrées par la langue de l'Eglise et employées indifféremment les unes pour les autres.

Dans l'L C. même, on peut relever plusieurs termes ayant l'acception que nous venons d'indiquer. L',ammahs, ou, carnalis homo, par exemple, est oppose a. l,homo spiritualis, ou, internus, dans le sens de naturel et de sur-

naturel. .„ r

Mais, ordinairement, en parlant de. la grâce, II. C. entend ces dons surnaturels et gratuits qui viennent de Dieu, comme des moyens de nous faire pratiquer les obligations chrétiennes et de nous faire parvenir au ciel.

Nous ne sommes plus au temps où les moindres questions relatives à la grâce passionnaient les esprits. Il nous semble donc inutile de rechercher, curieusement toutes les censées de II. C. sur la puissance et l'efficacité de la grâce. Toutefois, sans trop insister sur ce point, il convient de signaler les controverses dont le pieux livre a ete le su]et.

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