‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 226 sur 336 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

« vient de le traduire en trois langues. » Le Père répond : « Il nen est pas plus vrai. „ Despréaux s'échauffe

:\TTmr un fou •• • Quoi ! m°n »«. -taïïS

« qu un des vôtres „ ait pas fait imprimer dans un de se « livres qu un chrétien n est pas obligé d'aimer Dieu > Ose « rez-vous dire que cela est faux ? - Monsieur, dit le Père « en fureur i faut distinguer... - Distingua, dit De « préaux, distinguer, morbleu! distinguer, distinguer j « nous sommes obligés d'aimer Dieu! » - Et preL Corbinelh par le bras, il s'enfuit au bout de la chambre puis, revenant et courant comme un forcené, il ne "ouï ,ama15se rapprocher du Père, s'en alla rejoindre la corn go qui eta,t demeurée dans la salle où l'on mange ïi finit 1 histoire, le rideau tombe. » (Lettre du i , janvier S9o

Bodeau ne s mdignait pas à tort contre les atténuations du précepte de l'amour de Dieu. Mais il se trompa en croyant quon peut être j^ ^ J«

cessite de I amour souverain. Son erreur surtout état grande, de penser que les reproches de Pascal, au et -tes eta,ent Ratifiés. Bourdaloue, qui était' présen u

D u" 0 " ;De "'e S0" ,adm!rable «*» sur l'amour de U.eu, ou la plus pure doctrine est clairement enseignée • surtout cet énergique passage auquel on ne peut ajou SaÛ'

posséder, s û y en a une seule que je possède ou que ie dé «re au hasard d'encourir la disgrâce de Dieu, c'est-V-dil s. cet acte d'amour que je forme dans mon cœur quand ié proteste à Dieu que je l'aime, n'a pas assez de ve tpo ^ m engager à rompre tous les liens et toutes les attaches Qu Peuvent me séparer de Dieu dès là i, „ R

•imrl^ma ■ ' la> c dois prononcer

anatlième contre moi-même; dès là ie doU m* L \ nini „„•„„„ , ' ' Ie U0ls nie conuamner

■* nume, comme prévaricateur de la charité de Dieu ;

g LA DOCTRINE DU LIVRE DEI. C.

dès là je dois conclure que je n'accomplis pas le commandement de l'amour de Dieu, que je ne suis donc plus en état de grâce avec Dieu, ni par conséquent dans la voie du

salut. »

N'est-ce pas enseigner qu'il faut préférer Dieu a tout ce

qui n'est pas lui ?

Quelque exigeant que pût être Boileau, il n'aurait rien trouvé à redire à ces déductions de Bourdaloue, d'une si forte logique, qui de la nécessité vont à l'étendue de l'amour pom Dieu. Mais Boileau était-il préparé par ses études, bien qu'il ait écrit une épître sur l'amour de Dieu, à discuter avec Bourdaloue sur des formules de théologie ? Un jour que Boileau soutenait une controverse contre le grand prédicateur, celui-ci le renvoya à ses vers. Boileau cnait plus fort et n'entendait rien. « Il est bien vrai que tous les poètes sont fous, s'écriait Bourdaloue impatiente. - Je vous l'avoue, mon Père, répliquait Boileau dans un plaisant transport, mais, pourtant, si vous voulez venu- avec mot aux petites-maisons, je m'offre de vous y fournir dix prédicateurs contre un poète, et vous ne verrez a toutes les loges que des mains qui sortent des fenêtres, et qui divisent leurs discours en trois points. »

Soit • mais Bourdaloue n'était pas au. nombre des prédicateurs des petites-maisons. Et si Boileau eût bien suivi l'enseignement du prédicateur, il eût admis avec lui que, s'il n'y avait pas lieu de distinguer sur le principe de 1 amour divin, il importait de distinguer dans la pratique. Les jansénistes voulaient qu'à chaque instant le chrétien fut obligé de formuler un acte d'amour de Dieu ; tandis que certains casuistes lui accordaient des délais trop prolonges. Le judicieux Bourdaloue, s'en tenant à la doctrine commune de l'école, disait avec sagesse : « Adoucir les préceptes de

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