‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 227 sur 336 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

la loi de Dieu, en leur donnant des interprétations favorables a la nature corrompue, c'est une maxime, chrétiens très pernicieuse dans ses conséquences ; mais outrer ces mêmes préceptes, et les entendre dans un sens trop rigide et au delà des termes de la vérité, c'est un excès que nous devons également éviter. Dire, ceci n'est pas péché, quand il l'est en etfet, c est une erreur dangereuse pour le salut ; mais d.re, ceci est péché, quand il ne l'est pas, c'est une autre erreur peut-être encore plus préjudiciable. Ce n'est pas daujourd hui qu'on a condamné ceux qui, par l'indiscrète sévérité de leurs maximes, ont exposé tout le monde à tomber dans le désespoir. Il y a plus de quatorze siècles que Tertulhen reprochait aux catholiques le relâchement de leur morale ; mais il y a aussi plus de quatorze siècles qu'on a reproché à Tertullien sa rigueur extrême et sans mesure qui le conduisit enfin à l'hérésie. Il faut tenir le milieu ■ et lorsqu il s'agit de la réprobation d'une âme ou de sa justification on ne doit être ni trop commode ni trop sévère mais .1 faut être sage, et sage selon les règles de la foi »' (bermon sur l'amour de Dieu. Carême.)

Admirables paroles, qui caractérisent la méthode constante de Bourdaloue et qui expliquent son autorité au dixseptième siècle. Il ne fut pas le défenseur des systèmes et des hypothèses, mais des doctrines incontestables. Dans le sujette 'amour de Dieu, « il ne s'attache point à l'expression de celui-ci, plutôt qu'à la pensée de celui-là, » mais il expose celle qui est acceptée de tous les Docteurs C'est pourquoi nous avons embrassé de préférence l'enseignement de ce savant et habile théologien.

Un seul point nous inspire quelque réserve dans la doc-

nne de Bourdaloue. Elle semble n'exiger du fidèle, comme

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