‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 242 sur 336 · LIVRE H ITIÉME. s · texte numérisé non relu

LIVRE H ITIÉME. s

le philosophe, il faut que le mystique renonce à communiquer avec D,eu autrement que par intermédiaire

Déplus, il est bien vrai que l'idée divine excite notre .mpress.onnab.lité, et produit le sentiment religieux qui a existé chez tous les peuples, à toutes les époques. Mais il n en faut pas conclure que l'amour de Dieu puisse établir une communication immédiate avec la Divinité, par extase ou contemplation. L'extase existe en réalité. Elle est produ.te par une exaltation de La sensibilité, qui, surexcitant es facultés intellectuelles, les rend plus vive' et pW trames, ma.s aussi moins sûres et moins disciplinées Prétendre que, dans l'extase, le mystique a des intuitions qui dépassent les forces naturelles, c'est pure illusion. Rien ne vient à 1 homme que par les sens et la raison. Lorsque les circonstances propres à développer une extrême sensibilit portent en même temps l'attention sur certains objets ob cuis, ,1 en résulte une vue plus profonde, mais seulement nnputable a l'action de l'intelligence émue par le cœur

conrr II *"" " 0bSermions diriSées P« le rationalisme on tre le mysticisme, et nous ne voyons pas ce que pourrait leur opposer le mystique qui entend se tenir dans les luîmes de la nature. Plotin et Saint-Martin ont beau mettre en avant les illuminations supérieures dont ils sont favorises. En définitive, nous ramenons à des proportions plus modestes eurs prétendues intuitions, et nous ne pouL leur accorder d'autre autorité que celle de la philosophie parce qu ,1s n ont pas d'autre point d'appui que la raison et la nature.

to^li'T" SUr!eqUd Se P'aCC le mystici^e chrétien est

tout cl nièrent.

Le propre de la religion est précisément de mettre immédiatement en rapport Dieu et l'homme par des procédés

/g ,.A DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.

spéciaux, la Grâce et les Sacrements. Sans ce rapport direct, il n'y a pas de christianisme.

Dieu étant ainsi rendu présent a l'homme, la religion demande que le fidèle excite son cœur à l'amour de Dieu.

Dieu immédiatement présent, et Dieu nécessairement aimé, c'est tout le christianisme. .

Or le chrétien qui, ne s'arrêtant pas au degré inférieur de la religion, développe son amour pour Dieu, qu obuent-il . La foi nous le dit. Dieu se rend plus présent et plus fami- UeV celui qui aime davantage, et l'amour intense obuent des communications plus intimes. Voilà le mysticisme

^L'économie du mysticisme chrétien nous apparaît maintenant dans toute sa simplicité. Il est de toute autre nature que le mysticisme philosophique.

Différence de principe. Le chrétien s'abandonne a son amour pour un dL que la religion lui rend immédiatement prisent Le philosophe se sert du myst.csme comme d une méthode scientifique qui laisse Dieu hors de sa portée di-

^ Différence de moyens. Le mysticisme chrétien est fondé sur la foi, appuyé sur l'espérance, perfectionne par la charité. La raison est le fondement du mysticisme ph. orphique ; la sentimentalité, son instrument ; quelque légère connaissance de la nature, sa fin et sa perfection

Différence d'esprit. Le chrétien reconnaît qu .1 est en tr les mains de Dieu, qui lui envoie la lumière quand il lui Tait et qui la lui donne sans intermédiaire. Le p i losophe se croit maître de voir Dieu k son gre ; et, a force de le vouloir toujours apercevoir, il ne se trouve en face que des fantômes de son imagination.

Néanmoins, quelque différence qu. existe entre le mys-

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