LIVRE HUITIÈME r
ticisme rationaliste et le mysticisme chrétien, 1« objections des ph. osophes ne s'appliquent pas moins à I ï
jours .1 de mer la possibilité des communications directes entre D.eu et 1 homme ; ^ d'infirmer la puissance de V mour. La discussion s'agrandit, mais ne cesse pas de se
ressembler. * se
Écoutons M. Cousin : « Li vmV nnï«« \ v>
(Du Vrai, du Beau et du Bien, v« leçon.)
Le philosophe éclectique a exprimé dans cette phrase la
pensée du naturalisme, c'est-à-dire, du système qu " Ï
a son pour 1 unique critérium du vrai, pour le seul moyen
d a tendre e bien. De là, une condamnation a mort non
seulement du mysticisme, mais encore de la religion
Qn une telle objection soit faite par les écoles sceptiaues athées ou panthéistes, nous le comprenons ; elle ont ,0 g.ques dans leur système. Mais comment les coles Z -es, qUI reconnaissent l'existence d'un Dieu vivan 7Z . sonnel pourraient-elles nier la possibilité du mysticisme' Des lors qu on admet des communications indirectes entre Dieu et 1 homme, d est difficile de rejeter la possibilité communications directes. ossiùmtc cks
H faut s'entendre. Si le monde a été une création libre pourquo. voudrie2-vous refuser a Dieu le pouvô < ' venu dans ce monde qui n'est autre que son œuvre JS Est-ce parce que les lois de la nature l'en empêchent £ «s lots ne sont que sa volonté même. Est-ce ue par haÏrd
,eu se serau épuisé, et que quelque chose,\u/i; et en acte, s opposent à ce que Dieu intervienne >
Nous revenons ainsi à la question de la possibilité du sur-
gg i.a DOCTRINE DU LIVRE DE J. C.
naturel. Écoutons l'un des plus éminents théologiens de
notre époque :
« Les mandes écoles philosophiques ne se sont pas oubliées jusqu'au point de nier la possibilité du surnaturel, car la raison enseigne l'existence d'une surintelligibihté qui ne peut se réduire à un état intelligible. Les plus nobles représentants de l'esprit humain n'ont pas hésité à reconnaître que notre intelligence n'épuise pas les réalités intelligibles et n'en est pas la loi. Les païens eux-mêmes n'ont-ils pas reconnu l'existence ou la possibilité d'un surnaturel proprement dit, c'est-à-dire, de rapports gratuits et immédiats de Dieu avec les créatures, pour les faire entrer dans sa béatitude par une voie qui dépasse les forces humaines ? Platon disait qu'il fallait attendre que les dieux vinssent nous instruire sur le culte, c'est-à-dire, sur le moyen même de conduire les hommes à leur but final. Il en confessait donc d'une façon assez claire la nécessité. Platon n'est pas le seul qui proclame cette vérité. Ces aveux étaient dans la conscience des philosophes païens. Une philosophie pleinement détachée de la foi au surnaturel est rare. On a parle de la philosophie grecque comme de la sécularisation de la philosophie. Oui, sans doute, la philosophie grecque est fortement entachée de naturalisme ; mais elle n'est pas allée jusqu'à nier absolument la possibilité du surnaturel. »
Ainsi s'exprimait Mgr Baudry, mort évêque de^ Périgueux, lorsque, professant, à Saint-Sulpice, le traite de F « Ordre surnaturel », il ouvrait, devant ses disciples, les plus admirables horizons intellectuels. Maître éloquent, théologien profond, il était, comme Socrate, un accoucheur d'idées, et il n'est pas un seul de ses élèves qui, sous 1 influence de son enseignement, n'ait senti son âme grandir et monter vers Dieu. Comme par de simples et - irréfutables