‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 257 sur 336 · LIVRE NEUVIÈME. Âi · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. Âi

La destinée de l'homme consiste à être juste. La miséricorde de Dieu a voulu que 1 nomme ne fût heureux icibas, autant qu'il peut l'être, que par la justice. La félicité consiste dans Tordre. Or, la justice, c'est l'ordre. Plus donc l'homme s'écarte des voies de la justice, plus il est malheureux.

Le Fils de Dieu est venu sur la terre, y a vécu, y est mort pour établir le règne de la justice. Jésus-Christ est le juste par excellence, le docteur de la justice. Il est venu abolir le règne de l'iniquité, établir la justice éternelle, nous faire marcher en sa présence dans une sainteté et une justice intérieure.

Toute la religion n'a d'autre but que de faire naître et développer en nous la justice. Il importe donc de savoir en quoi consiste la véritable justice. Dans la maladie on s'occupe de la guérison ; dans un voyage, de la route; dans une affaire importante, des moyens de réussir.

La véritable justice n'étant que Notre-Seigneur Jésus- Christ, l'homme ne participe à la justice qu'en s'incorporantà Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Aussi, la religion, n'ayant d'autre but que le règne de la justice, n'a pas d'autre moyen d'y parvenir que de nous incorporer à Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Comment a lieu cette incorporation ? Par tous les sacrements, et surtout par l'Eucharistie considérée comme sacrifice et communion.

Telles sont les idées essentielles de cette célèbre Instruction pastorale, qui mit aux prises l'Archevêque de Tours et le Cardinal de Rohan. En les dégageant des erreurs jansénistes sur les deux amours, on y retrouve les principes fondamentaux de la foi. Dans un ordre particulier et sous une terminologie spéciale, ce sont les doctrines communes

4q , LA DOCTRINE DU LIVRE DE. I. C.

sur la fin de l'homme, sa régénération par Jésus-Christ, l'imitation du Sauveur, la nécessité des sacrements.

De cette Instruction pastorale, et c'est ce qui nous a porté à la rappeler, malgré les caractères suspects qu'elle présente, il faut surtout retenir l'insistance qu'elle met à recommander la justice chrétienne. Si la componction donne l'aspect général de la vie pour Dieu, la justice en indique les conditions réelles. La première est comme l'atmosphère dans laquelle la seconde vit et se meut.

Dans 11. C. le terme de justice n'est pas employé avec la précision doctrinale que nous venons d'indiquer, non plus que le mot de sagesse céleste. Mais il n'est pas difficile de reconnaître que la justice constitue le fond même de la vie intérieure, l'état de grâce n'étant rien autre chose que la justice chrétienne, et l'état de grâce étant le point de départ de la vie intérieure.

L'état de haute justice où se trouvait placé l'auteur de 11. C. est décrit dans cette touchante prière de notre livre : « Donnez-moi la puissance d'être corroboré dans l'homme intérieur, et de vider mon cœur de toute langueur et inutile sollicitude, et de n'être point entraîné à désirer quoi que ce soit de vil ou de précieux ; mais faites-moi regarder toutes choses comme éphémères, et moi-même comme devant passer avec elles, parce que rien n'est permanent sous le soleil, où tout est vanité et affliction d'esprit. Oh ! qu'il est sage celui qui considère les choses en cette manière ! Donnez-moi, Seigneur, la sagesse céleste, afin que Rapprenne à vous chercher et à vous trouver par dessus tout, à vous goûter et à vous aimer par dessus tout, et à connaître les autres choses selon qu'elles sont dans Tordre de votre sagesse. » III. xxvn, 17.

LrVRE NEUVIÈME.

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