LA JOIE
La joie mondaine est accompagnée de deux tristesses le remords et la sollicitude.
à l!t >TdfS rSt IC CanC6r de râme ; Û WnSe sans «lâche
AU f A " qUS l°a " renco»^es ou poursuivies en dehors de Dieu.
La sollicitude est inséparable de tout bien terrestre. Saint Bernard a dit des richesses : « Elles s'acquièrent avec peine des se conservent avec crainte, elles se perdent avec douanes". même Ch°Se ^ t0Ut6S ks j0ies mon- Aussi, notre auteur se détourne-t-il de la joie mondaine « Toute ,oie charnelle s'insinue agréablement, mais à la fin mord et fait périr. » I. Xx, 36.
«Oh ! que tous ces plaisirs' sont courts, qu'ils sont faux qu ils sont déréglés et honteux ! » III. X1I; l6.
« J'ai envoyé mes disciples bien-aimés,' dit Jésus-Christ non, certes, aux joies temporelles, mais aux grands combats ; non aux honneurs, mais aux mépris ; non à l'oisiveté ma.s aux labeurs ; non au repos, mais à la production dé oeaucoup de fruit dans la patience. » III. xxxi, -a Hélas ! que ces considérations sont vraies ' ' Un homme d'église, dont toute la vie a été occupée m ministère des grandes villes et à la direction des hautes classes de la société, déclare avec mélancolie, qu'il n'a pas rencontre une personne, quelque élevée qu'elle fût, qui n eut une peme attachée a sa grandeur. « Dès que je reçois
des visiteurs qui me sont inconnus, dit-il souvent, je me demande aussitôt : Quels chagrins a-t-on à me confier ! L'extérieur, quelque brillant qu'il soit, n'y fait rien. Bientôt, la douloureuse confidence se fait jour. Que de douleurs poignantes dans les palais, plus poignantes peut-être que dans
les chaumières ! »
Un grand Cardinal, étant un jour placé à table a cote d'une Très noble dame, ne fut pas peu surpris, au milieu des splendeurs du repas et de l'entrain des conversations, d'entendre sa voisine lui dire avec un accent déchirant : « Je voudrais mourir ! — Madame, répondit le Cardinal, il faut bien souffrir, pour bien mourir. »
Deux jeunes femmes de Rome, douées de tous les dons de la terre, furent, un jour, prises d'un violent accès de tristesse. Elles se firent porter au cimetière de Saint-Laurent. Pendant qu'elles parcouraient le lieu funèbre, elles rencontrèrent un humble Religieux se traînant péniblement, grelottant la fièvre, couvert de bure déchirée et sordide. L'une d'elles, dans une poussée d'exaltation, s'approcha du serviteur de Dieu et lui dit brusquement : « Si les frati ne sont pas heureux, qui donc le sera ? - Ma sœur, répondit-il, il n'y a ici-bas de bonheur, ni pour les frati, ni pour les donne (dames). »
Cet humble Religieux a prononcé, ce jour-là, une parole
de haute philosophie.
Il n'y a pas, en effet, de joie parfaite sur cette terre.
Mais s'il y a quelque joie véritable, c'est dans l'âme du serviteur de Dieu qu'elle se trouve.
Il y a quatre différences entre la joie spirituelle et la joie
mondaine.
i° La joie spirituelle est très pure, tandis que la mondaine est mêlée de remords et de sollicitude. .