LIVRE DEUXIEME
autrui, mais', au contraire, à lui faire du bien ; 30 en certaines circonstances, il faut savoir se sacrifier pour Dieu et pour le prochain.
Mortification des passions, religion, justice, fraternité, dévouement, c'est toute la morale de 11. C. et du spiritualisme, tel qu'il est enseigné par la religion du plus pur spiritualisme, la religion chrétienne.
Pour nous déterminer à vivre pour Dieu, il nous faut des motifs puissants.
L'I. C, fidèle à l'esprit du christianisme, met en jeu les plus énergiques : le devoir, l'espérance, la crainte et l'amour.
Le devoir qui fait accomplir le bien, parce que c'est la loi imposée par Dieu lui-même. La crainte de Dieu qui voit tout et qui nous traitera selon nos mérites. L'espérance qui nous anime par la considération de notre suprême intérêt. L'amour de Dieu qui doit enflammer notre cœur et inspirer tous nos mouvements. Ce dernier motif est prépondérant dans le pieux livre.
Enfin, il nous faut de la force pour obtenir la victoire. L'I. C. nous excite à avoir une volonté ferme, mais en nous exhortant à recourir à la grâce de Dieu et aux secours de TÉglise.
Tel est le résumé de la morale de l'I. C, et il n'est pas un critique qui n'y reconnaisse les principes essentiels du plus pur spiritualisme chrétien. Il est peu de propositions de nos traités de théologie, nous voulons parler moins des thèses de principes, que des thèses particulières se rapportant aux devoirs d'état, qui ne pourraient être appuyées par un texte formel de l'I. C.
Il n'est jamais venu à l'esprit d'un croyant d'attaquer la morale de VI. C. Le P. Brignon a exprimé la pensée commune, lorsqu'il a dit : « Ce que j'en puis dire en général,
c£ LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.
c'est qu'il contient tout ce qu'il y a de plus excellent dans la morale de l'Évangile, et que l'auteur d'un tel ouvrage, quel qu'il soit, est celui de tous les auteurs qui a le mieux possédé la doctrine et l'esprit de Jésus-Christ. Pour peu qu'on le lise, on y apprend le mépris du monde, l'abnégation de soi-même, l'union avec Dieu ; en quoi consiste toute la perfection chrétienne. » (Préface de la trad. de 11. C.)
C'est là, en effet, le mérite de l'I. C. Le pieux livre donne la substance même de la morale évangélique, qui, ellemême, condense la suprême sagesse et le souverain bon
sens.
Pour mieux accuser son intention, notre auteur a intitulé son ouvrage, De Imitatione Christi. Jésus-Christ a réalisé l'idéal de la perfection évangélique. Engager à imiter Jésus- Christ, c'est enseigner et recommander la morale chrétienne portée à son plus haut degré de perfection.