‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 31 sur 336 · LIVRE DEUXIÈME. - i · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. - i

déguisements, et en tout agit purement pour Dieu, en qui elle place son repos final. — La Nature n'entend mourir que de force, pas plus qu'elle ne consent à être ni contrainte, ni dominée, ni subjuguée malgré elle. La Grâce, au contraire, s'applique à la mortification de soi-même, résiste à la sensualité, cherche à être assujettie, désire d'être vaincue, ne veut pas user de la propre liberté, etc., etc. » Le chapitre se continue ainsi en un parallèle riche en contrastes, mais qui se résume fidèlement dans l'idée de l'opposition entre la morale du matérialisme et celle du spiritualisme.

La pensée du pieux auteur n'est donc pas à rechercher péniblement. L'L C. est, éminemment, un livre de morale spiritualiste. Mais il y a plusieurs spiritualismes. Il y a celui des philosophes et celui des religions. Et que de variétés dans ces générités doctrinales !

Le spiritualisme sur lequel repose la morale de notre livre est le plus pur spiritualisme évangélique.

Il est impossible d'exposer ici en détail la morale de l'I. C, car il ne s'agirait de rien moins que de passer en revue tous les sujets de la morale chrétienne. Qu'il nous suffise de rappeler brièvement les principes fondamentaux sur lesquels reposent tous les enseignements de l'I. C.

Il n'est pas de morale qui ne repose sur des principes, comme un édifice sur des fondements.

Les principes qui servent de base à la morale chrétienne sont les vérités initiales de la Religion, desquelles tout le reste dépend, la Trinité, la Providence, la Rédemption, la Grâce, l'institution de l'Église.

Il en résulte tout un système de morale rigoureusement

enchaîné et qui peut se ramener aux propositions suivantes.

Tout ce qui existe est soumis à des volontés divines.

<ta LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.

L'homme n'échappe pas à cette condition universelle des êtres. Des prescriptions divines gouvernent sa destinée. Mais il est libre, et il a le pouvoir d'enfreindre la volonté de Dieu. Quand il lui plaît de vivre conformément à la volonté de Dieu, c'est bien; contrairement, c'est mal.

En quoi consiste la volonté divine qui régit la destinée humaine? L'I. C. la résume, selon la morale chrétienne, en une seule formule : Il faut vivre pour Dieu et non pas pour soi. L'égoïsme, c'est ce qui nous porte à violer la volonté de Dieu. Nous avons notre place dans la société : chacune de nos inclinations a sa fonction. Malheureusement, l'égoïsme porte le désordre dans notre conduite, qu'elle se rapporte à des actes strictement personnels, ou qu'elle ait, pour but la religion et la vie sociale. De là, une nécessité constante de réprimer notre égoïsme.

« Mon Fils, tu dois tendre soigneusement à ceci : « A être libre dans l'intime de l'âme et maître de toimême, en tout lieu, en toute action ou occupation extérieure, et à faire en sorte que toutes choses de ce monde soient sous toi et non toi sous elles ;

« A être seigneur et gouverneur de tes actions, non leur esclave ni leur propriété, etc., etc. » III. xxvm, i.

L'homme ainsi devenu maître de lui-même, et subordonnant toute sa conduite à la volonté céleste, vit sa vie, non pour lui, mais pour Dieu.

S'il suit avant tout, toujours, partout, au prix de tout, la direction d'en haut, il mène la vie totale pour Dieu. L'I. C. est un manuel de la vie totale pour Dieu. La lutte contre l'égoïsme a un triple objet : i° en nous, elle doit tendre à régler les passions et à discipliner les inclinations ; 2° au dehors de nous, il nous faut apprendre à connaître, à servir, à aimer Dieu, à ne pas faire du mal à

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