‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 137 sur 176 · De nupt. et conc., I, 10, Ibld., p · texte numérisé non relu

De nupt. et conc., I, 10, Ibld., p

Cette doctrine de saint Augustin qui nous indiqué le mariage, à toutes les époques, comme nn sacramentum, nous apprend aussi que, selon le saint Docteur, cette propriété de l'union conjugale 'devient plus estimable par sa signification et plus féconde par ses effets dans le mariage chrétien que dans celui des anciens Israélites ou des peuples infidèles ^,

Nous commençons donc à entrevoir que ce sacramentum apporte au mariage un caractère religieux, dont les effets réels placent l'institution conjugale au-dessus de la- perfection qu'elle réclame en tant que contrat naturel.

ARTICLE II Signification littérale du mot « sacramentum » .

SignificatioR d'un caractère mystérieux mdétermmé ; de « signe » ou « symbole »; de « lien indissoluble »; de « sceau » ou « cachet ». — Idée religieuse et surnaturelle attachée au mot « sacramentum ».

Avant d'expliquer la signification symbolique du sacramentum du mariage et reffîcacité de ce symbolisme, il ne sera pas inutile de bien fixer le sens littéral que ce mot a trouvé sous la plume de saint Augustin à propos du mariage.

Cette étude nous aidera a. saisir ridée doctrinale qu*il représente, et à découvrir le mal-fondé de la conclusion qu'on a parfois déduite du simple us^ge que saint Augustin a fait de ce mot K

1, Nous renvoyons le lecteur aux textes eités au ehap. vi, art. -2, p. 125-132, surtout : C. JM,,Y, 12, P. L.,XLiy, col. 81G-; De ficle et oper., "7, G. V., xLî, 3, p. 46; De nupt. et conc, I, 10, G. V., xui, 2, p. 223-; De bono oonj., 24, G. V., xli, 3, p. 226; Ibld., 15, p. -209.

2. Est'iiis, par exemple, conclul; de ce simple usage à la s-aeramentalité, au sens strict, du mariage : « Quod ad Aug-us'tinum attinet, is saeramenti nomen attribuit matrimonio plurlmis locis, ut in lib. De bono conjugali... Non solet autem Augustinus ita fréquenter et ordinario

Nous grouperons les textes selon la différence des sens; mais nous devons faire remarquer que nous n'en donnerons pas dans ce paragraphe une liste complète, le sens de ce mot ne se distinguant dans certains textes que par de petites nuances.

a) Saint Augustin donne au mot sacramentum le sens d'une propriété, ou d'un caractère mystérieux du mariage, qu'il désigne sans autre spécification par l'expression sacramentum nuptiarum. Il l'indique, lorsqu'il énumère les trois biens du mariage : proies, fides, sacramentum ^.

h) Quelquefois, il l'emploie dans le sens de figure, signe ou symbole : « Sicut er go sacramentum pluralium nuptiarum illius temporis (V. Testamenti) significavit futur am multitudinem Deo subjectam in terrenis omnibus gentibus, sic sacramentum nuptiarum singularum nostri temporis significat unitatem omnium nostrum subjectam Deo futuram in una coelesti civitate ^. »

Nous estimons que l'on doit trouver le même sens dans le texte suivant : « Ac per hoc ergo Dominus invitatus venit

vocare sacramentum, nisi quod propriam sacramenti rationem habeat. Quae ratio consistit in gratia sanotificanté. » {Comm. in IVum. Sent., dist. 26, § 7.)

1. De pecc. orig., 37, G. V., xlii, 2, p. 200 : « Nec attendunt illud esse nuptiarum bonum, unde gloriantur nuptiae, id est proies, fides, sacramentum. »

2. De bono conj., 18, G. V., xli, 3, p. 215. — Bellarmin (Disputationes de controversiis christinae fideï, t. 2, « de matrimonio », G. II, col. 1233. — Ingolstadii, 1588), écrit : « S. Augustinus dupliciter accipit nomen Sacramenti, cum de matrimonio agitur. Uno modo pro sacro, et indissolubili vinoulo, quod tamen aliquando non tam sacramentum, quam rem sacramenti vocat, ut lib. I De nuptiîs et concup., G. 10. Alto modo sacramentum accipit pro signo sacrae oonjunctionis. Priore modo dicit sacramentum magnum esse in Ghristo et in Ecclesia, minimum autem in hominibus conjugatis... Posteriore modo accipit Augustinus Sacramentum lib. De bono conjugali G. 18 ubi dicit : « Sacramentum singularum nuptiarum significare subjeotionem unius Ecclesiae ad unum Deum; et etiam lib. I De Nuptns et conc., G. 10, ubi apertissime dicit Sacramentum nuptiarum commendari fideiibus conjugatis ab Apostolo, ad Ephesios. » — En effet, saint Augustin interprète le Viri, diligite uxores vestras, sicut et Christus dilexit Ecclesiam de saint Paul comme une conséquence du symbolisme du mariage par rapport à l'union du Christ avec l'Eglise : « quoddam sacramentum nuptiarum commendatur fideiibus conjugatis — unde dicit Apostolus : Viri, diligite uxores vestras », etc. ,

ad nuptias {Canae Galilaeae), ut conjugalis castitas firmaretuT et ostenderetur sacramentum nuptiarum ^. »

c) Avec la signification de lien indissoluble : « Sacramentum vero, quod nec separati et adultérait amittunt, conjuges concorditer casteque custodiant^. » Ce texte exprime déjà nettement le sens de sacramentum que nous traduisons par lien indissoluble.

Cette signification devient encore plus claire dans la raison explicative que saint Augustin donne, à la suite, de sa recommandation aux conjoints : « car ce sacramentum est le seul des trois biens qui maintient par un droit de religion le mariage même stérile, lorsque les époux ont perdu tout espoir d'avoir des enfants ^ ».

Ailleurs saint Augustin écrit : « Omne itaque bonum im-

, pletum est in illis pareritibus Christi, proies, fides, sacra-

mentum. Prolem cognoscimus ipsum Dominum Jesum, fi-

dem quia nullum adulterium, sacramentum quia nullum

divortium ^. »

Il est évident que le mot sacramentum pourrait être remplacé dans ce texte par vinculum insolubile, si cette expression renfermait la nuance de caractère religieux rappelant la cause de l'indissolubilité. Il faut ajouter que le sens de sacramentum comprend ici, non seulement le lien indissoluble du mariage, mais encore la cohabitation des époux. On peut le conclure du nullum divortium, et de ce que saint Augustin présente ici le mariage de saint Joseph et de la Sainte Vierge comme le modèle le plus parfait du mariage chrétien, l'union de ces deux saints époux se basant exclusivement sur l'amour spirituel.

Un peu plus loin il écrit à l'égard du mariage: « Relinquet homo patrem et matrem et adhaerebit uxori suae, et erunt duo in carne una, quod magnum sacramentum dicit Apos-

i. In Joan. Evang., ix, 2, P. L., XXXV, col. 1459.

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