De bono conj., 7, G. V., xlt, 3, p
maior » est, dans la pensée de saint Augustin, l'union du Christ avec l'Eglise et de Dieu avec les âmes, comme nous le verrons plus loin.
Nous avons mentionné les différences du sens littéral du moi sac rament um appliqué par saint Augustin au mariage. On pourrait encore relever quelques petites nuances, en d'autres textes.
Il convient de remarquer qu'en dépit de toutes ces diverses significations littérales, il reste toujours un sens fondamental, unique, attaché à sacramentum, qui empêchait saint Augustin de remplacer ce mot par un autre. Ce sens est le rapport du mariage vis-à-vis de l'union spirituelle entre le Christ et l'Eglise.
Que sacramentum signifie symbole, lien indissoluble, ou sceau, il est toujours une propriété d'ordre surnaturel imprimant au mariage un caractère mystérieux et religieux, qui devient remarquable surtout dans le mariage chrétien, et dont les effets dépassent ceux que la société conjugale peut renfermer dans sa propre nature de contrat naturel. Malgré cette idée mystérieuse fondamentale, que le sacramentum nous révèle dans tous les textes de saint Augustin, le simple emploi de ce mot ne nous permet pas de conclure que le saint Docteur ait considéré le mariage comme un sacrament au sens strict et théologique, les effets qu'il en fait dériver se rapportant ordinairement à l'indissolubilité ou à l'unJLté conjugales.
L'opinion contraire d'Estius, signalée au commencement de ce paragraphe, et partagée par d'autres auteurs, a été d'ailleurs rejetée par plusieurs théologiens.
Vasquez a bien pénétré dans la pensée de saint Augustin en disant que celui-ci n'a jamais appelé le mariage un sacramentum au sens rigoureux ^.
Mausbach a aussi reconnu que le mot sacramentum em-
1. Commentaria ac clisputationes in Sam partcm Sancti Thomae, t. IV, tr. de sacramento matrimonii, disp. II, c. 5. Lugdiini, 1631 : « Arbitrer tamen ipsum (Augustinum) matrimonium in sensu, de quo disputamus, nusquam sacramentum appellasse. »
ployé par le saint d'Hippone « désigne ordinairement l'indissolubilité du lien conjugal i ».
Pourrat est plus résolu lorsqu'il écrit : « C'est le lien matrimonial indissoluble que saint Augustin appelle sacramentum, parce qu'il est la figure, le symbole de l'union de Jésus-Christ avec son Eglise s. » Tixeront est à peu près du même avis dans ce passage : « Le mot de sacrement revient souvent sous sa plume à propos du mariage, mais presque toujours pour désigner l'in dissolubilité, ou plutôt, le caractère d'indissolubilité de l'union des époux, indissolubilité à laquelle ils se .sont implicitement engagés 3. »
Portalié enfin trouve dans la doctrine de sainj: Augustin la notion de la sacramentalité, au sens strict, du mariage, « mais, qu'on le remarque, — ajoute-t-il, — la preuve n'est point pour nous dans l'appellation de sacrement^ ».
Il faut donc entrer plus à fond dans la pensée de saint Augustin pour saisir l'idée qu'il s'est formée de ce caractère religieux du mariage, qu'il appelle sacramentum.
ARTICLE III Valeur doctrinale du «^ sacramentum » dans le mariage.
Quelle idée saint Augustin s'est-il formée de ce sacramentum? L'a-t-il pris au sens strict que nous lui attachons aujourd'hui à la suite dés canons du Concile de Trente? « Il est difficile de répondre », — dit Tixeront 5. Nous ne méconnaissons pas cette difficulté provenant, en partie des textes mêmes de saint Augustin, et en partie de la diver-
1. Die Ethik des hl. AugusUnus, t. I, p. 323 : « Wo die drei Guter der Elle aufgezaehlt werden, bezeiohnet Sakrament regelmaessig die Unaufloesliohkeit des Bliebundes. »