De nupt. et conc, I, 1, C. V., xlii, 2, p
Quand on dit que le mariage actuel est autre qu'il eût été sans le péché, on n'entend point parler de la nature, mais des modifications, qui en ont gâté les rapports K La raison de la création des deux sexes et de leur union bénie par Dieu est encore aujourd'hui la même qu'au commencement ^. La nature humaine créée pour devenir l'organisme et le siège de la génération n'a perdu aucun de ses dons, bien qu'elle soit devenue après le péché sujette à la concupiscence désordonnée 3. Aussi, le mariage est-il aujourd'hui essentiellement le même que celui que Dieu institua au début; il conserve les mêmes biens et les mêmes propriétés ^.
ARTICLE II Nature et honnêteté du mariag^e. Doctrine des Manichéens.
Le dualisme de Manès; la morale m.anichéenne ; immoralité du mariage selon les Manichéens. — Réfutation par saint Augustin : le mariage est honnête de sa nature. — // est un bien destiné à procurer d'autres biens supérieurs. — Raisons de l'honnêteté morale du mariage.
Aucune question sur le mariage n'a plus préoccupé la pensée de saint Augustin que celle de l'honnêteté ou de la bonté morale de cette institution. Elle l'a conduit non seulement à d'innombrables allusions répandues dans presque tous ses ouvrages, mais encore à la publication de quelques livres, où le saint Evêque se propose, comme but principal, la revendication de la beauté de l'état conjugal.
1. Ibid., II, 32, p. 311 : « Quamobrem etsi dicitur nunc alias esse nuptias, alias vero si non peccasset, ossc potuisse, non secundum earum naturam, sed secundum quandam in deterius mutatam dicitur qualitatem. Sicut alius dicitur, quamvis idom ipse sit homo, qui mutaverit vitam sive in melius sive in deterius. »
2. De gen. ad litt., IX, 3, G. V., xxviii, 1. p. 271 : « Quae ratio conditionis et conjunctionis masculi et feminae atque benedictio nec post peccatum hominis poenamque defecit. » — Cf. Contra Jul. op.imp., V, 8, P. L., XLV, col. 1438.