Voyez Chap. i, art. 3, p
crainte l'indéniable honnêteté du désir de la procréation.
La moralité du fait de la génération devient un simple corollaire de l'antécédent. Qui, en effet, peut reprocher à l'homme de vouloir se survivre dans sa postérité, dès lors que son acte n'est pas contraire à la voix de la raison et ne dépasse pas les justes libertés de la vie conjugale i ? Les enfants sont le fruit honnête de la société conjugale^; voilà pourquoi les excès de l'incontinence, en tant qu'ils n'y portent pas atteinte, deviennent excusables, et l'usage de la concupiscence devient licite 3.
Si on recherche la suprême raison de l'honnêteté que saint Augustin reconnaît au fait de la génération, on la découvrira dans la doctrine déjà exposée sur la nécessité de la multiplication de la race humaine.
Le nombre des prédestinés est ici le dernier anneau d'une chaîne de buts et de moyens, établie par Dieu, où la génération dans le mariage trouve sa place. Réglée par la raison, elle dirige les énergies de la fécondité à la formation d'êtres humains dans leur entier achèvement, êtres qui, à leur tour, se plongeront eux-mêmes dans la vie de Dieu. C'est cette pensée que saint Augustin retrouve dans la parole de l'Apôtre (I Tim., V, 14) : « bonum est nubere, quia bonum est filios procreare, mat rem familias esse », — bien qu'il soit plus avantageux de ne pas avoir besoin du mariage pour en obtenir les bienfaits ^.
La génération n'est pas seulement un bien du mariage, elle en est le but. Ce but est indiqué par le mot même — matrimonium — , iDortant avec lui la signification de maternité 5.
Il est commun à tout mariage, soit chrétien, soit païen.
1. De bono vid., 8, G. V., xli, 3, p. 317 : « Filiorum quippe procreationi operam dare non canino more per iisiim promiscuum feminarum, sed honesto ordinc oonjugali non est in hominc improbandus affectus. »