Ibid., 9, p
5. Contra Faustwn, XIX, 26, G. V., xxv, 1, p. 529 : « Matrimonium quippe ex hoc appellatum est, quod non ob aliud debeat femina nubere, quam ut mater fiat. »
Aussi les actes du contrat conjugal (tabulae matrimoniales) le reconnaissent et le placent au premier rang ^.
La génération est le but propre et naturel du mariage, car la nature, poussant elle-même l'homme à la première des sociétés naturelles, c'est-à-dire, à l'union conjugale avec la femme, ne se propose que de se multiplier, moyennant l'action des deux sexes ^. Elle correspond encore au motif de l'institution du mariage, puisque Dieu, procédant à l'organisation de cette société, a voulu pourvoir à la naissance honnête et légitime des enfants ^. Ainsi, la génération devient en quelque sorte le complément et la gloire de la société conjugale, puisque les enfants sont l'auréole du mariage, non pas une punition du péché ^.
On a le droit de se demander si saint Augustin attribue d'autres fins au mariage, et quelle importance il y attache à l'égard du but de la génération.
Les interprètes de sa doctrine ne sont pas toujours d'accord sur ce point. Tixeront y voit indiqué un but principal, le seul qui légitime complètement l'union des sexes, c'est-àdire, la génération des enfants, et un second, consistant dans l'aide que se procurent mutuellement l'homme et la femme, même quand le premier but ne peut plus être atteint 5. Schwane découvre dans la doctrine de l'Evêque d'Hippone une fm principale du mariage, savoir, la génération des enfants, et une autre, le refrènement de la concupiscence, lequel recherché par les fiancés, suffit pour la validité de leur mariage, à la condition qu'ils n'excluent pas le
1. IbicL, XV, 7, p. 429. De mor. Manich., 18, P. L., XXXII, col. 1373.
2. De bono conj., 1, G. V., xlt, 3, p. 187 : « Prima ifcaquc naturalis humana^e societatis copula vir et uxor est... Gonsequens est concxio societatis in filiis, qui unus honcstus fruotus est non conjunctionis maris et foeminae, sed concubitiis. »
3. IbicL, 14, p. 212. — De civ. Del, XIV, 22, G. V., xl, 2, p. 45.
4. De civ., XIV, 21, G. V., xl, 2, p. 45 : « nia vero bcncdictio nuptiarum, ut conjugati orescerent et multiplicarentur ct-implerent tcrram, quamvis et in delinquentibus manserit, tamen antequam delinquerent data est, ut cognosceretur procreationem filioriim ad gloriam conubii, non ad poenam pertinere peccati. »