‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 50 sur 176 · De pecc. orig., 33, G. V., xlii, 2, p · texte numérisé non relu

De pecc. orig., 33, G. V., xlii, 2, p

4. Ihid. : « Sic aiitem argumentantur dicentes : ergo malum sunt nuptiae et non est opus Del homo quem générant nuptiae? Quasi nuptiarum bonum sit morbus concupiscentiae... ac non potius pudicitia conjugalis, qua in bonos usus ordinate filios procreandi redigitur libido carnalis. » — C. Jul. op. imp., I, 68, P. L., XLV, col. 1091 : « Hoc

rhonnêteté de cet usage. « De même qu'en usant mal d'une bonne chose on commet le mal, de même, en usant bien d'une mauvaise chose, on fait un bien. Ces deux choses donc, le bien et le mal, et ces deux autres choses, le bon et le mauvais usage, combinés ensemble établissent quatre différences. On use bien d'une bonne chose, en faisant à Dieu le vœu de continence; on en use mal, en faisant ce vœu à une idole. On use mal d'une mauvaise chose, en lâchant la bride à la concupiscence dans l'adultère ; on en use bien, en réglant la concupiscence dans les limites du mariage ^. »

La raison en est que quiconque fait usage d'une chose sans y attacher sa volonté, en use comme s'il n'en usait pas, puisque ce n'est pas à cause de cette chose qu'il en fait usage, mais à cause d'une autre où il attache sa volonté ^. C'est pourquoi on doit enseigner que selon la doctrine catholique l'usage honnête du mal de la concupiscence est licite dans le mariage^, à cause du bien de la génération des enfants^.

Le mariage, en effet, peut tirer de grands biens du mal de la volupté; car ce n'est pas le plaisir, mais la raison, qui en fait un bon usage; « libidine non bene utitur libido, sed ratio. » Le plaisir charnel consiste dans cette loi des membres que signale l'Apôtre, et qui combat la loi de l'esprit. La raison, qui rend bon l'usage de la concupiscence, n'est autre

itaque malo (çoncupiscentiae) sola bene utitur intentione propagandi prolem pudicitia conjugalis. »

1. De pecc. mer. et rem., I, 29, C. V., lx, 1, p. 56 :. « Sicut autem bono maie uti malum est, sic malo bene uti bonum est. Duo igitur haec, bonum et malum, et alia duo, usus bonus et usus malus, sibimet adjuncta quatuor differentias faoiunt. Bene utitur bono oontinentiam dedicans Deo, maie utitur bono oontinentiam dedicans idolo; maie utitur malo^ ooncupisoentiam relaxans adulterio, bene utitur malo concupiscentiam restringens conubio. »

2. Contra JuL, IV, 16, P. L., XLIV, col. 817 : « Qui enim non diligens utitur, quasi non utens utitur, quia non ejus rei causa utitur, sed alterius quam diligens intuetur, ut etiam non diligens hac utatur. »

3. C. Jul. op. ïmp., III, 177, P. L., XLV, col. 1321 : « Ejusque mali usus licitus et honestus liberorum procreandorum causa approbatur a nobis, sicut a catholicis ohristianis. »

4. Contra duas epîst. Pelag., I, 16, C. V., lx, 1, p. 450. — De bono conj., 3, C. V., xLi, 3, p. 191.

chose que la loi même du mariage^. Si aucun bien ne pouvait sortir du mal, Dieu ne permettrait pas qu'un homme naquît d'un mariage adultère. Aussi, de même que le crime de l'adultère, dont un enfant est le fruit, ne saurait être imputé à Dieu, qui sait tirer le bien des mauvaises œuvres des hommes, de même on ne saurait imputer au mariage ce qu'il y a de honteux dans cette désobéissance des membres, dont rougirent nos premiers parents ^.

L'acte du mariage, en cherchant uniquement le plaisir, se dépouille de l'honnêteté morale qui lui convient, car il repose sa raison d'être dans le désordre de la concupiscence. Lorsque, au contraire, il l'élève au seul but du mariage, il amène le mal de la concupiscence au service de la justice, car il ne se propose que la génération des enfants, qui de- -vront devenir des enfants de Dieu par la régénération spirituelle 3.

Le bon usage de la concupiscence de la chair dépend donc de la bonne volonté des conjoints. Saint Paul l'indique (I Thess., IV; 3) : Haec est enim voluntas Dei, sanctificatio uestra, abstinere vos a fornicatione, ut sciât unusquisque vestrum suum vas possidere in sanctificatio ne et honore, non in morbo desiderit sicut et gentes, quae ignorant Deum. « II ne faut pas croire que l'Apôtre a voulu défendre par ces paroles le commerce honnête et légitime de l'homme et de la femme. Il veut que dans ces rapports, qui auraient été exempts des mouvements déréglés de la concupiscence si l'homme n'avait pas perdu par son péché la liberté de les diriger, les époux ne s'arrêtent pas volontairement à ce plaisir des sens, mais qu'ils le souffrent comme une nécessité, sans laquelle ils ne pourraient recueillir le fruit de leur volonté en ce qui concerne la génération des enfants... Celui dont l'intention, dans l'acte conjugal, est d'engendrer des enfants selon la chair, qui seront ensuite régénérés selon l'esprit, n'obéit certainement pas aux désirs de la concùpis-

1. La loi du mariage est pour saint Augustin l'œuvre honnête de la génération des enfants, qui doivent être régénérés pour Jésus-Christ.

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