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à ce qu'elle est la source de tous les péchés, et qu'elle est une conséquence du péché ^.
La concupiscence déréglée est donc le vîtium qui, enraciné dans la nature humaine et particulièrement dans la vie sensuelle, comme un châtiment de la première chute, accompagne de sa fâcheuse influence la dignité de l'état conjugal. Loin de constituer une propriété bonne de la vie matrimoniale, comme les Pélagien s l'avouent, elle lui imprime, pour ainsi dire, un caractère de honte par la discorde qu'elle crée entre la chair et la raison.
Cependant le mariage n'en reçoit aucune tache dans son honnêteté morale, en dépit de toutes les affirmations contraires des Manichéens. Saint Augustin tire de sa théorie la conclusion que. le mal de la « concupiscentia carnis » est emmenée à un bien par le bon usage qu'en fait l'acte honnête du mariage. Ce n'est pas à dire que cet acte rend bonne la concupiscence, mais simplement qu'il l'ordonne à un bien 2. Ce bien provenant du mariage est la génération des enfants ^.
L'Evêque d'Hippone reconnaît à cette œuvre de la propagation des enfants de Dieu une si grande valeur morale que, pour l'atteindre, il répute honnête l'usage du mal de la concupiscence inséparable de l'acte conjugal.
Dans le but d'éloigner de l'acte de la génération n'importe quel concours du mal de la concupiscence, il attribue résolument le bien de la propagation à l'acte conjugal conforme à la chasteté. Cette vertu seule fait un bon usage du mal de la concupiscence ^. Saint Augustin donne la raison de
d. Sermo 155, 1, P. L., XXXVIII, col. 841. — Cf. De pecc. mer. et remis., II, 28, C. V., lx, 1, p. 116. — • Mausbagh, Op. cit., t. Il, p. 178 suiv, ■ — SCHWANE, Op. cit., t. II, p. 520.
2. C. Jul. op. imp., IV, 29, P. L., XLV, col. 1353 : « Non eum (motum carnis) honum facit, sed operi bono servire compellit. »