Epistolae, 262, 8, G. V., lvii, 4, p
6. Sermo 37, 6, P. L., XXXVIII, col. 225 : « Et unaquaeque conjux
72 LA DOCTRINE DU MARrAGE SELON SAINT AUGUSTIN
Igré rhumilité de la condition où saint Augustin place la femme au foyer, il ne la fait nullement une servante et moins encore l'objet du plaisir de l'homme. On aurait tort de croire le contraire, quoique notre Docteur conseille aux femmes de se rendre à l'avis de leur mari, s'il est honnête, même dans la pratique de la charité et du bien ^, et enseigne, quand il cherche le motif de la création de la femme, qu'elle n'a été donnée à l'homme que pour la génération des enfants 2.
Si la création d'Eve, tirée du côté d'Adam, est un symbole de la dépendance de la femme à l'égard de l'homme, elle l'est aussi de l'étroite union morale qu'ils doivent maintenir entre eux K Si la femme doit être soumise à son mari, comme l'Eglise l'est au Christ, le mari doit aimer et guider sa femme, comme le Ghrist aime et guide son Eglise.
L'homme est le chef de la femme. Il doit, en conséquence, s'abstenir d'abuser de la faiblesse de sa compagne, et voir en elle l'objet de son amour sincère^.
Il en est aussi la tête. C'est à lui donc d'être le premier dans la voie de la vertu et du bon exemple en toutes choses, afin que le corps puisse suivre toujours la direction de la tête 5. Mais l'homme ne sera la tête parfaitement ordonnée de la femme, que lorsque le Christ, qui est la Sagesse de Dieu, sera la tête de l'homme'^.
Saint Augustin est inexorable à l'égard de ceux qui, sous le prétexte de leur virilité et de leur indépendance, renonçant à toute responsabilité personnelle et se disant exempts de toutes les lois qui condamnent des mauvaises mœurs,
bona maritum suum dominum vocat. Prorsus non solum vocat, sed hoc sapit, hoc sonat, hoc g^estat corde, hoc profltetur ore. »