De bono conj., il, G. V., xli, 3, p
Pour la même raison saint Augustin s'est demandé s'il est permis à un homme de se chercher une concubine, du consentement de son épouse, pour en avoir des enfants.
Tout d'abord il exclut le cas où cet homme y serait porté par un sentiment de volupté; « si forte — quod utrum fieri possit ignoro magisque fieri non posse existimo — sed tamen, si forte ad tempus adhibita concubina filios solos ex eadem commixtione quaesiverit ^ » ; puis il formule sa réponse en disant que cela était permis aux temps anciens. Est-ce permis aussi actuellement? Il n'ose l'affirmer. Mais la raison sur laquelle il appuie son doute, c'est qu'aujourd'hui la même nécessité de propager le genre humain n'existe plus comme au temps des patriarches 2.
En outre, la polygamie ne détruit pas le principe de l'autorité que l'on peut réclamer au nom de l'ordre et de la bonne organisation sociale, de l'institution du mariage.
L'ordre naturel exige, en effet, qu'une société soit gouvernée par un seul chef, et que le principe de l'autorité soit représenté par une seule tête. Mais si l'autorité doit être seule à commander, les sujets peuvent obéir en grand nombre à un seul supérieur, et cela sans aucune perturbation du bon ordre de la société, quand une raison naturelle ou sociale le réclame. Il peut y avoir même une certaine beauté dans la conception d'une telle société. Ainsi, le gouvernement de la famille subirait-il un dommage dans le cas où plusieurs hommes s'uniraient à une seule femme, tandis qu'il peut se maintenir bien qu'un seul homme se marie à plusieurs femmes. Il en est de même dans les autres sociétés; un maître peut avoir plusieurs domestiques, alors que plusieurs maîtres s'embarrasseraient à bien diriger un seul serviteur 3.
Saint Augustin réprouve tout à fait le principe de la polyandrie. Celle-ci ne fut, n'est, et ne sera jamais permise ^.