Ibid., 26, col
4. Ibid., 86, col. 46. — Dans ses ouvrages orthodoxes, Tertullien avait reconnu la lioéité des secondes noces, bien qu'il les eût réputées moins avantageuses que le veuvage : « etsi non delinquas renubendo, carnis tamen pressurant subsequi dicit {Apostolus). {Ad uxorem, I, 7, P. L., I, col. 1286) ; — Cf. Ibïd., II, 1, col. 1289 et suiv. Quand il devient montaniste, son opinion change; il soutient le contraire : « Nobis (montanistis) autem maxima aut summa sic quoque praecaventur, dum nec secundas
Parmi les saints Pères, on peut nommer saint Grégoire de Nazianze, qui n'admet un second mariage que par tolérance. Un troisième est pour lui une iniquité, et un quatrième une débauche^.
Saint Basile considère les secondes noces comme un remède au mal de la concupiscence. Celui qui les contracte doit être soumis à un ou deux ans de pénitence; les tri games en doivent subir trois ou quatre. Le troisième mariage n'est plus un mariage, mais une polygamie, ou plutôt une fornication modérée 2.
En dépit de cette antipathie de quelques Pères pour les secondes noces, saint Augustin s'est rangé au sentiment contraire et a reconnu, même dans ses premiers ouvrages, la licéité de la réitération du mariage ^,
Il s'appuie sur les paroles de saint Paul (I Cor., vu, 39) : « mulier alligata est, quamdiu vir ejus vivit; quodsi mortuus fuerit vir ejus, liberata est : cui vult nubat, tantum in Domino ». Ce passage est assez clair pour permettre d'affirmer que, quoique le veuvage soit préférable à un second mariage, celui-ci n'est cependant pas illicite^.
quidem post fidem nwptïas permîttitur nosse... » (De pudicitia, i, P. L., II, col. 983). Il les compare à la débauche : « non aliud dicendum erit secundum matrimonium quam species stupri ». (De^exhortatione castîtatis, 9, P. L., il, col. 924.) Tertullien insiste opiniâtrement dans tous les chapitres de ce livre sur l'abstention des secondes noces, et même des premières. Il termine son livre en écrivant : « Unde praesumendum est hos, qui intra paradisum recipi volunt, tandem debere cessare db ea re, a qua paradisus intactus est. » Il attribue encore au second mariage la malice d'un adultère : « Hoc erit adulterlum, unius feminae in duos vii'os conscientia. » (De monogamia, 10, P. L., Il, col. 943 et passim.) Tertullien s'est attiré par cette doctrine de forts reproches de ia part de quelques saints Pères. Saint Augustin, à son tour, en le plaçant parmi les hérétiques, le frappe de cette apostrophe cinglante : « Ilinc enim maxime Cataphrygarum ac Novatianorum haereses tumuerunt, quas buccis sonantibus, non sapientibus etiam Tertullianus inflavit, dum secundas nuptias tanquam illicitas maledico dente concidit, quas omnino licitas Apostolus sobria mente concedit. » (De bono vid., 4, G. V., xli, 3, p. 309).