‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 90 sur 176 · De bono vid., 4, G. V., xli, 3, p · texte numérisé non relu

De bono vid., 4, G. V., xli, 3, p

Le fait même de la réitération du mariage chez le peuple de rAncien Testament est pour saint Augustin un signe de cette licéité. « Qui sait, en effet, si Dieu ne l'a pas permis pour faire voir plus tard aux hérétiques que les secondes noces ne sont point condamnables ^ ? »

Mais il s'attache surtout à l'honnêteté naturelle du mariage.

Nous avons vu que, à son avis, le mariage est honnête de sa nature. L'état de virginité et du veuvage l'emportent sur l'état conjugal; mais ce dernier ne laisse pas cependant d'être un véritable bien. Il l'est de soi-même, et il le sera toujours. Par conséquent, les veuves renoncent à un bien supérieur, si elles se remarient; mais, en convolant à un second mariage, elles embrassent encore un état de vie honnête. Il n'est donc pas juste de taxer leur décision de péché.

Saint Paul enseigne cette même docti*ine en conseillant aux veuves de demeurer sans se remarier (ibid., 8) . Il leur indique que le veuvage est plus méritoire que le mariage. Cependant, pour les éloigner du danger du scandale, il leur propose le second mariage comme un état honnête, où leur vertu peut être plus facilement sauvegardée 2.

En s'inspirant de cette pensée de l'Apôtre, saint Augustin insiste auprès des veuves qui ne peuvent pas garder la continence, pour qu'elles se remarient, puisque la damnation n'est pas à craindre dans le mariage, si l'on y observe la chasteté conjugale^.

Après de longues considérations sur les avantages du veuvage et surtout du vœu de continence perpétuelle que l'on peut faire à Dieu, il maintient sa conclusion en écrivant à Julienne, à qui il adresse son livre : « Tout ce que je viens de dire est pour vous empêcher de croire que même un se-

1. De civ. Del, XVI, 34, C. V., xl, 2, p. 186; Cf. Contra advers. legis et proph., II, 10, P. L., XLII, col. 661.

Page 1