Origène, Contra Ceisuvi, \\h. VIII, cap
LES ÉCRIVAINS CHRETIENS l8l
militaire, ni même un passage déclarant nettement qu'il est permis aux Chrétiens de se battre (1).
Chez trois d'entre eux, au contraire, on trouve plus ou moins formellement exprimée l'idée que les chrétiens ne doivent pas prendre part à une guerre, sans que l'on puisse toujours bien discerner s'il s'agit d'un précepte ou d'un conseil ; s'ils admettent qu'en combattant on commet une faute, ou s'ils pensent simplement qu'on s'écarte trop de la miséricorde et de la mansuétude évangéliques.
Et d'autre part, il est impossible de ne pas remarquer et de ne pas signaler que ces trois écrivains ne sont pas de ceux dont on puisse accepter les doctrines sans réserves, que tous trois se sont gravement écartés sur d'autres points de l'enseignement de l'Eglise, et que, pour ce motif, aucun d'eux na reçu d'elle le titre de Père de V Eglise ; elle ne leur a donné que le titre d'auteurs ecclésiastiques, scriptores ecclesiastici, et ne les a traités que comme de savants témoins.
L'un de ces auteurs, TertuUien, a étudié la question qui nous occupe dans son traité De Corona^ écrit pendant la période de sa vie où il partageait les erreurs des Montanistes ; à cette époque, il condamnait absolument les secondes noces, et prétendait, contrairement à la déclaration formelle de Jésus- Christ (2), qu'il n'était pas permis de fuir pendant la persécution, et que l'on doit refuser la communion à ceux qui sont tombés. Du second, Origène, dont certaines erreurs sur la métempsycose et l'éternité des peines sont nettement opposées à la doctrine chrétienne, saint Jérôme, dans le temps où il combattait le plus vivement l'origénisme, écrivait: « N'imitons pas les défauts de celui dont nous pouvons suivre les vertus ». Ouant au troisième, Lactance, « constamment inexact, peu versé dans le dogme, l'expression juste lui manque, et il tombe dans plus d'une erreur ; ce qui faisait dire au même saint Jérôme : Utinam tam nostra confirmare potuisset quam facile aliéna destruxit (3) ».