PRÉFACE XIX
du volume que nous publions aujourd'hui. Le premier est intitulé : Le droit de guerre d'après les théologiens et les canonisles du moyen âge^ et parut simultanément à Paris et à Bruxelles, précédé d'une substantielle préface de M. l'abbé Tanquerey (l). Cet ouvrage venait à son heure. Il prouvait que le Droit inlernational, dont on parlait beaucoup avant cette guerre qui lui a porté un si rude coup, ne fut pas méconnu au moyen-àge, et n'a pas été inventé, comme d'aucuns le prétendaient, par le hollandais Grotius. « Les théologiens et les canonistes lui ont consacré des pages nombreuses, quelques-uns môme des traités entiers, persuadés qu'il y avait là une question de justice et de charité qui était de leur ressort. Ils ont traité tout particulièrement du droit de guerre, de sa légitimité, de ses limites, des conditions sous lesquelles il peut s'exercer, des responsabilités et des devoirs qu'il entraîne » (2). Après les avoir patiemment étudiés, Vanderpol a été (( frappé de la sagesse et de la pondération de ces grands auteurs qui, en traitant du droit de guerre, se tiennent à l'écart d'un militarisme outré et d'un pacifisme utopique » (3) ; et il lui a paru que ce serait rendre un immense service à la paix chrétienne que de communiquer au public le résultat de ses découvertes : de là son livre.
Mais il y avait un écueil à éviter : à part quelques initiés» déjà au courant, le public n'allait-il pas soupçonner l'auteur de faire passer ses propres idées sous le couvert de saint Thomas ou de Victoria ? Cette crainte explique le plan suivi par Vanderpol dans l'ouvrage qui nous occupe et dans la première partie de celui que nous publions : il s'efface derrière ses auteurs; il les cite largement, les traduit littéralement avec leur saveur archaïque. « Ce n'est pas un mince mérite, dit avec raison M. l'abbé Tanquerey, que d'avoir si nettement
(1) A. Vanderpol, Le droit de guerre d'après les théologiens et les canO' niste du moyen-âge, Paris, Tralin, et Bruxelles, Goemare, 4911, ia-8<* de 236 p., précédé d'une Préjace de M. l'abbé Tanquerey, et dédié à M. Bernaert. ministre d'Etat de Belgique.
(2) Abbé Tanquerey, Préjace précitée, p. 1,
(3) Ibid., p. 2.