Voir Vasquez, n»' 23 et
(2) II se trouva même à cette époque de subtils auteurs, qui soutinrent que dans certains cas la guerre pouvait être, en elle-même, c'est-à-dire matériellement, et non plus seulement formellement, juste des deux côtés à la fois. On trouvera leurs arguments exposés dans Valentia {Comm. îheoL,X. III, disp. III, qu. XVÏ, De bello, punct. 2) et dans Escobar {Univ. theol. moral.).
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également son opinion probable et le conseil d'hommes instruits et prudents, par conséquent, n'est pas de mauvaise foi.
D'autre part, // /ïest aucunement prouvé que la solution donnée au litige par la guerre amènera le triomphe de la justice : celui qui la déclare peut être vaincu, et même s'il est vainqueur, il n'a pas la certitude que ce soit la justice qui l'emporte, puisqu'il n'est pas certain de son droit, et qu'il n'a qu'une probabilité à cet égard.
Il n'y a donc aucune assimilation à faire entre celui qui emploie un moyen légitime et pacifique de donner à un litige une solution conforme à la justice, et celui qui emploie un moyen illégitime et capable d'entraîner les plus grands maux, pour donner à un litige une solution dont la justice est douteuse. Puisque l'assimilation faite par Valentia est inexacte, elle ne peut lui servir à justifier sa proposition, comme il essaye de le faire.
Il n'est pas malheureusement le seul auteur à la soutenir. Busenbaum (T'/zeo/. moralls, lib. III, pars, I, dub. V, art. 1, De Bello, 2) et Escobar {Univ. theol. moralis^ 1663) disent de même, le premier: « qu'il suffît d'avoir une opinion probable au sujet de la justice de la guerre » ; le second :
La guerre peut être juste des deux côtés à la fois, formellement et par accident : par exemple par suite de ce que chacun des adversaires suit, comme il lui est permis, son opinion probable, — ou par suite d'ignorance invincible chez l'un d'eux.
Lacroix (1707) {Annotations à la Medulla theologise moralis de Busenbaum, lib. III, pars I, dub. V, art. 1, De bello) ne paraît pas s'éloigner non plus de l'opinion précédente :
« La guerre ne peut être matériellement et en elle-même juste des « deux côtés à la fois, car un seul peut, si on considère la chose en « elle-même, avoir le droit pour lui ; mais elle peut être juste des « deux côtés formellement : car il peut y avoir ignorance invincible, « et chacune des parties peut avoir la conviction d'agir conformément « à la justice ».
Saint Alphonse de Liguori (1755), qui, dans le chapitre : De Bello de sa Théologie morale, reproduit le texte de Busenbaum en y ajoutant divers commentaires, indique également l'ignorance invincible comme pouvant être la cause d'une guerre juste des deux côtés à la fois ; mais, contrairement à un grand nombre de théologiens antérieurs, il est d'avis que :