‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 157 sur 277 · RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

2° Cette doctrine a été enseignée depuis saint Thomas jusqu'aux dernières années du xvi" siècle par tous ses commentateurs, sans aucune exception. C'est pourquoi nous avons cru pouvoir lui donner le nom de « Doctrine scolasiiqae du droit de guerre ».

3° Celte doctrine n'est pas en contradiction avec la Bible ; elle est au contraire conforme aux conclusions que Ton peut tirer, au sujet du droit de guerre, de l'étude de l'Ancien Testament.

4° Cette doctrine n'est pas contredite par ce que nous savons des idées et des mœurs des premiers chrétiens.

5° On ne trouve dans les écrits des auteurs qui ont vécu depuis saint Augustin jusqu'à saint Thomas aucun passage qui soit en contradiction avec elle. Au contraire, toutes les collections de canons montrent que la doctrine canonique du droit de guerre se confond avec la doctrine scolastique.

6** Quelques canonistes ont défendu, au sujet des infidèles, de l'empereur et du pape, des idées inexactes ; mais ils ne se sont jamais écartés, quant au fond, de la doctrine scolastique du droit de guerre. De plus, les guerres des croisades, approuvées par l'Eglise, rentraient dans la catégorie des guerres justes, telles qu'elles sont définies par cette doctrine.

7° Vers la fin du xvi« siècle, quelques théologiens, sans attaquer en elle-même la doctrine de saint Thomas, crurent pouvoir lui faire certaines adjonctions, qui en étaient en réalité la négation. 11 en résulta que, alors qu'un certain nombre de théologiens continuaient encore, dans le courant du xviii« siècle, à professer la doctrine scolastique, elle était abandonnée par beaucoup d'autres, au point qu'elle est au xix® siècle tombée véritablement dans l'oubli.

Au moment oii le monde entier sent la nécessité de donner au droit des gens des bases solides, nous avons cru utile de remettre en lumière cette doctrine relative à la guerre, c'est-à-dire à la plus grave des relations internationales, à celle qui est malheureusement la sanction et la garantie de toutes les autres. Après l'avoir exposée, nous avons montré pour quelles raisons elle méritait la sérieuse attention et le respect des catholiques. S'impose-t-elle à eux comme étant la doctrine même de l'Eglise, l'une des règles de la morale chrétienne ? Peut-être un jour une voix autorisée nous le fera-t-elle savoir.

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