‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 192 sur 277 · De off · texte numérisé non relu

De off

a OÙ l'équité et l'humanité le permctlcnL >), et Saiiuslc : a Nos très reli- (( gieux ancêtres ne prenaient jamais rien à leurs ennemis au delà de {( ce à quoi leur donnait droit l'injure qu'ils en avaient reçue. »

290. — Quatrii:me proposition. Parfois cependant on peut et on doit mettre à mort tous les coupables.

La guerre est faite pour assurer la paix et la sécurité : mais parfois celle-ci ne peut être obtenue qu'en détruisant tous les ennemis ; et c'est le cas quand il s'agit des infidèles, desquels on ne peut jamais et à aucunes conditions espérer une paix équitable (i). C'est pourquoi l'unique remède est de supprimer tous ceux qui peuvent porter les armes, à condition, bien entendu, qu'ils soient coupables. Et c'est en ce sens qu'il faut entendre le précepte du Deutéronome. Mais autrement, je ne crois pas que cela soit permis dans une guerre entre chrétiens.

Car, puisqu'il est inévitable qu'il y ait des scandales, comme le dit l'Evangile, et des guerres entre princes, si toujours le vainqueur mettait à mort tous ses adversaires, ce serait la ruine du genre humain et de la religion chrétienne^ et le monde ne tarderait pas à se transformer en solitude. Les guerres n'auraient plus comme résultat le bien public, mais le malheur universel. Il faut donc proportionner la peine au délit, et ne pas exercer la vindicte au delà des limites raisonnables ; il ne faut pas oublier que, ainsi qu'on l'a vu, les sujets ne sont pas tenus, ni obligés d'étudier les causes des guerres, mais qu'ils peuvent suivre leur prince à la guerre, en se basant seulement sur l'autorité du prince et du conseil de l'Etat : il en résulte que, même lorsque la guerre est injuste, la plupart des soldats qui vont à la guerre, qui combattent, attaquent ou défendent les villes, sont innocents de part et d'autre ; et c'est pourquoi, lorsqu'ils sont vaincus et qu'ils ne sont plus dangereux, je crois qu'on n'a pas le droit de mettre à mort un seul d'entre eux, si Ion présume qu'ils ont pris de bonne foi part au combat ; bien moins encore, par conséquent, de les condamner tous.

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