CAS DE DOUTE SUR LA JUSTICE DE LA GUERRE. — LES SUJETS 1/4I
certains points, il existe entre eux des dilTérences d'opinions sur d'autres.
Ils sont d'accord sur les deux points suivants :
1° Si l'injustice de la guerre est manifeste ou si elle devient évidente après enquête, on n'a pas le droit d'y prendre part ;
2° Si le doute (doute spéculatif) sur la justice de la guerre persiste, après que Ton a cherché à le dissiper, on a le droit de se battre. — Adrien seul a soutenu l'opinion contraire qui paraît en contradiction formelle avec la doctrine de saint Augustin.
Mais au moment où, pour des raisons sérieuses, la justice de la guerre paraît douteuse, peut-on ne tenir aucun compte de son doute et s'en rapporter à l'avis du prince, ou au contraire, est-on tenu de s'efforcer de dissiper son doute, en demandant — c'est le moyen indiqué par nos auteurs — l'opinion de gens compétents et sages?
Oui, toujours, du moment oii l'on doute, répondent saint Raymond de Penajorl, saint Antonin, Ange Carletli, Lupus, Cajétan, Sylvestre (voir n°^ 82 et 84) ;
Quand il y a de telles présomptions ou de tels indices de l'injustice de la guerre que l'ignorance ne saurait être une excuse, dit Victoria (voir n° 84 in fine) ;
Quand il y a des raisons qui font véritablement suspecter la justice de la guerre, dit Suarez (voir n° 84 ; voir également Banez, n° 60, et Vasquez^ n** 83) ;
Quand le prince qui déclare la guerre a fait voir par sa conduite antérieure le peu de souci qu'il prend de la justice ou de l'injustice de ses actes, et dans ce cas, le doute est de rigueur, dit Lugo (voir n° 85) ;
Ou même quand le prince est un prince chrétien et qui a l'habitude d'agir chrétiennement et justement, si l'on entend des gens sages et prudents déclarer que la guerre est injuste, ajoute le même auteur (voir n* 85).
Septième Section
Les conséquences de la doctrine et les Droits du vainqueur
De tout ce qui précède, les théologiens et les canonistes concluent les droits du vainqueur (1), qui sont les suivants: P Keprendre ce qui lui a été enlevé ; 2° Assurer la paix, qui est le but de la guerre ; 3^ Punir les coupables.