‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 91 sur 277 · Voir n · texte numérisé non relu

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l58 CONSÉQUENCES DE LA DOCTRINE ET DROITS DU VAINQUEUR

Suarez examine également le cas suivant :

Dans une guerre, il faut considérer d'abord le dommage causé à l'État que l'on attaque, celui causé à l'État qui attaque, et enfin celui qui peut en résulter pour toute l'Église. A ce dernier point de vue, la chose peut facilement arriver ; car en admettant qu'un roi chrétien ait un juste titre pour déclarer la guerre à un autre, il pourra cependant pécher contre la charité due à l'Eglise, s il poursuit son droit par la guerre, alors qu'il saura que les ennemis de la foi en deviendront plus puissants, etc. Mais bien que ce soit dans ce cas une faute de faire la guerre, il n'en résulte pas l'obligation de restituer, parce que le juste titre ne permet pas que cette obligation existe. Quand il s'agit de dommages causés à l'État que l'on attaque, il n'y a pas non plus obligation étroite de restituer, parce que la mauvaise volonté de cet État qui a commis une injustice est la cause de tout. Mais si, dans un cas particulier, cet État ne pouvait restituer ou donner satisfaction qu'au prix de très grands dommages, et que la satisfaction ne fût pas indispensable à l'autre prince, il agirait contre la charité en l'exigeant (Suarez, n» 34o).

Comme nous l'avons vu (n° 18), Suarez estime que dans une guerre volontairement faite de part et d'autre, il n'y a pas lieu à restitution, la propriété pouvant être transmise, comme cela arrive entre des joueurs, sans obligation de restitution, par l'exécution d'une convention (expresse ou tacite), d'ailleurs inique et injuste au regard de Dieu.

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