‹ La Doctrine Sociale de Duguit: Ses Idées sur le Syndicalisme et la Représentation ProfessionnelleChapitre 15 sur 50 · AT · texte numérisé non relu

AT

chaque citoyen n’opine que par lui-même » (1). Duguit croit fermement que « la formation chaque jour plus intense des associations ne tend point à diminuer ou à absorber la personnalité individuelle », bien qu’elle favorise, au contraire, son plus large développement (2) Mais il ne s'arrête pas à cela; il poursuit son idée logiquement jusqu’au bout, en considérant que « l’homme deviendra plus l’homme en devenant plus sociale » (3). Par là, il affirme la supériorité de l’homme dans la mesure de son inféodation à un plus grand nombre d’associations. « L’individualité de l’homme devient d’autant plus complexe et compréhensive auw’il fait partie d’un plüs grand nombre de groupes sociaux » (4). Son activné également augmentera en raison du nombre des associations dont il fait partie. En conséquence, l’homme sera en même temps l’individu-citoyen, en tant que membre de la nation, l’individu-travailleur en tant qu’il appartient à une corporation professionnelle (5). Il peut être aussi l'individu artiste et savant s’il est membre d’une association artistique ou scientifique. Donc l’importance sociale de l’homme augmentera par rapport au nombre d’associations dont il est membre: affirmant cela, Duguït esœuisse en somme sa théorie sur la valeur de l’homme et arrive à sa conception de surhomme, de l’homme supérieur.

Troisièmement l’association donne naïssance au mouvement syndical qui est une de ses branches, « sa principale manifestation », et qui conduit à la représentation des forces syndicales. « La formation au sein de la nation moderne des groupements fondés sur la communauté des intérêts professionnels, industriels, rommerciaux, de travaux scientifiques, des œuvres artistiques, littéraires ou autres et sur les promesses d’assitance mutuelle est un fait des plus importants de ces trente dernières années » (6). Les lois qui sont venues les régir ont été « le produit du mouvement associationniste ». Comme

(1) Duguit : Traité, t. V, p. 618.

(2) Duguit : Manuel, p. 283, Traité, t. V, p. 618. (2) Duguit : Traité, t. II, p. 10.

(4) Duguit : La Souveraineté et la Lierté, p. 176. (5) Duguit : Manuel, p. 283.

(6) Duguit : Traité, t. II, p. 9.

Mn M

tous les groupements, dont la naissance est conditionnée par la division du travail, d’après Duguit ne sont que les forces syndicales, les syndicats, il en résulte qu’eux aussi et en premier lieu, font partie du mouvement associationniste, en sor’ le « produit », Ainsi, quelquefois, le syndicalisme et le mouvement associationniste ne font qu’un. Mais cela n’est pas toujours. Le mouvement associationniste est plus étendu. Toutes les associations syndicales y sont nécessairement comprises, tandis que beaucoup d'associations sont tout à fait différentes des associations syndicales. D’où quand elles font un ensemble, c’est que l’associationnisme a conditionné la naissance et l’apparition du syndicalisme.

5° C’est de cette manière que Duguit envisage le mouvement et la doctrine associationnistes. Ainsi, parlant de la doctrine. il ne pense qu’au mouvement et en étudiant le mouvement. il ne fait qu’élaborer sa doctrine. Dans le domaine associstioniste, le mouvement et la doctrine constituent presque un ensemble indivisible, ce qui n’est pas de même entre le mouvement syndical actuel et la doctrine syndicale de Duguit. aussi bien qu’entre les tentatives de la représentation professionnelle et la facon dont Duguit la conçoit.

Page 1