‹ La Doctrine Sociale de Duguit: Ses Idées sur le Syndicalisme et la Représentation ProfessionnelleChapitre 14 sur 50 · LAON ESS · texte numérisé non relu

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riquement prévu comme pouvant se présenter sous toutes les forines possibles. On le voit et on le rencontre dans toutes les inauifestations de l’activité humaine. Les associations se relèvent et dans le domaine des idées et dans celui des intérêts, où elles se présentent sous différentes formes. 1l y en a des groupes communaux, familiaux, des associations ouvrières, agricoles, industrielles, scientifiques et religieuses (1). Pour lui, la nation est aussi une association. Quelquefois, les groupements associationnistes se forment en vue de réaliser un bénéfice pécuniaire en se présentant comme des Sociétés civiles et commerciales ayant pour but de répartir les bénéfices entre ieurs membres,

Cela prouve bien que Duguit ne nie pas l’existence des familles et des communes comme groupemnts sociaux, il les considère comme des associations, mais il constate seulement leur décroissance et leur effacement progressif. D'où il croit que « l’homme du vingtième siècle ne peut trouver cette vie sociale intensifiée que dans les syndicats professionnels » (2). En 1895, dans son article sur « l’élection des Sénateurs », Duguit croyait à la force des communes, prévoyait et même demandait leur représentation politique (3). Depuis, dans ses œuvres postérieures, il n’en parle plus. Il ne souligne l’importance et l’activité que des groupements professionnels pour la représentation desquels il lutte, Il s’y attache, et c’est bien compréhensible, Bien que pour lui, l’associationnisme soit c: doive être un mouvement large qui réunisse « toutes les personnes associées dans un but commun », « dont elles ont !: conscience » et que se « rendent des services mutuels pour atteindre par là plus sûrement des buts communs » (4), les faits prouvent incontestablement l’importance croissante de certains de ces groupements associationnistes, de ceux surtout qui sont fondés et déterminés sur et par la division du travail social. D’où ces groupements s'imposent à Duguit, positiviste

(1) Duguit : Manuel, p. 169, de l’élection des Sénateurs, p. 474. (2) Duguit : de l’élection des Sénateurs, p. 466.

(3) Duguit : Traité, t. I, p. 665

(4) Duguit : Traité, t. V, p. 618.

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et éentrent son attention. C'est enfin la raison, parce qu'ils s’affirment en fait, pour laquelle Duguit réclame leur représentation comme couronnement de ieurs tendances et comme consécration de leur force et nou celle de tous les autres groupements associationnistes.

4. Sa façon de voir en mouvement associationniste « le fait social le plus saillant de ces trente dernières années » et en sa doctrine un moyen d’assurer la vie des individus, de vivifier la vie sociale en la transformant, l’a conduit incontestablement enfin à prévoir certaines conséquences qui se détachent comme résuitantes du mouvement et de sa doctrine.

Premièrement, par l'association, l’unité nationale se renforce. Constitués sous différentes formes, les groupes d’ordres divers et particulièrement les groupes professionnels « bie” loin de compromettre le lien naturel, viennent le renforcer en donnant à la solidarité une structure plus complexe » (1).

Deuxièmement, par l’associationnisme, Duguit espère régulariser la vie en assurant aux individus un meilleur sort. C’est dans les associations et par elles que Duguit croit pouvoir permettre aux individus de réaliser leur pleine individuaii: et d'obtenir leur réelle valeur. Il partage par là en la citant, Popinion de Charles Maurras, qui croit qu’il « n’y a qu’un moyen de liberté, vieux comme le monde, c’est l’association » (2). Comme la liberté implique le progrès et comme l’association c'est la liberté, le progrès et l'association s’interpérètrent en se confondant en vue de faire le bien de l’humanité. Ainsi,, affirmant cela, Duguit s'oppose à la thèse révolutionnaire que la liberté de l’homme est d'autant plus grande qu’entre l’homme et l'Etat, il n’y a pas de personne interpoosée. Cette manière de concevoir la liberté, Duguit qualifie de la.

« plus grande erreur de l’école libérale et individualiste

pure » (3) : Il cite et nie J.-J, Rousseau qui, au Livre VI, ch. III, dit : « Ïl importe pour avoir l’énoncé de la volonté générale, qu'il n’y ait pas de sociétés particulières dans l'Etat, et que

(1) Duguit : Traité, t. II, p. 10.

(2) Duguit : Traité, t. V, p. 618.

(83) Duguit : Manuel, p. 283.

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