‹ La Doctrine Sociale de Duguit: Ses Idées sur le Syndicalisme et la Représentation ProfessionnelleChapitre 33 sur 50 · I, — LE SYNDICALISME REVOLUTIONNAIRE · texte numérisé non relu

I, — LE SYNDICALISME REVOLUTIONNAIRE

1) Révolutionnaires, les syndicats ouvriers se développent surtout depuis la loi Waldeck-Rousseau, La Révolution, expression et couronnement de l’individualisme n’a voulu admettre aucun « tampon » entre l’individu et l'Etat. La loi Le Cho. pelier a inauguré le nouveau régime qui a conduit avec la lésislation napoléonienne, au système de tête-à-tête forcé. L'art. 1781 du C. C. surtout à provoqué la réaction ouvrière, les associations ouvrières de défense se forment. Sous Louis-Philippe, l’action est révolutionnaire. En 1848, la révolution est à la foi: politique et sociale. Les associations se forment. Louis Blanc préside la commission du Luxembourg. L'année 1864 rend ]l: grève légale. Les syndicats patronaux et ouvriers se forment et la loi dé 1884 leur donne l’existence légale (1). En 1895, üls forment la Confédération générale du Travail qui se partager: la direction du mouvement syndical révolutionnaire avec Ja fédération des bourses du travail fondée et dirigée par Pelloutier jusqu’à 1902, quand la fusion sera consommée. Dorénavant, tout le mouvement révolutionnaire syndical est concentré dans la Confédération générale du Travail qui, à son tour. se compose des syndicats organisés sur le double plan vertical

(1) Jouhaux, Séverac, Martin Saint-Léon.

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et horizontal en bourses du travail et en unions des syndicats de même métier et de métiers connexes. Le nombre de ces adhérents ayant de plus en plus augmenté, à la veille de la guerre (1), la C.G.T. est une force avec laquelle le Gouvernement doit compter (2). Durant les quatre années de la guërre, la C.G.T, apporte son concours à la défense du pays, malgré son antipatriotisme et son antimilitarisme (3). C’est après !: cessation des hostilités que la C.G.T. arrivera à l’apogée de sa force avec ses 2.400.000 adhérents (4). Synthétisant ainsi toute la force révolutionnaire du syndicalisme françaiss, la C.G.T. est déjà en proie à une lutte acharnée entre les majoritaires et les minoritaires, Celle-ci, après les échecs des grèves de 19°° 1920 conduira la C.G.T. à de sensibles pertes matérielles, à ‘: diminution considérable de son prestige moral et enfin à la s° sion définitive qui s’est produite entre les deux tendances ©: Congrès de Lille, en 1922, et qui donna naissance à la C.GT. unitaire. Cette division du mouvement syndical ouvrier dure encore de nes jours, malgré les tentatives d’union et de réconciliation qui ont été faites (5). ?

Révolutionnaire, le syndicalisme n’a jamais présenté une doctrine commune d’ensemble, une philosophie intangible qui n’a pas été contredite. Il a été divisé de tout temps sur le plan doctrinal en plusieurs tendances. Depuis la constitution de la C.G.T,U., cette division a passé de la doctrine aux faits. Fa

(1) M Picard, dans son «mouvement syndical durant la guerre», constate que le gouvernement francais avait nréparé le « carnet de mobilisation » en vue de placer les principaux militants syndicaux dans les camps de concentration en cas d’une déclaration des hostilités.

(2)Martin Saint-Léon : Les deux CGT. p. 17.

(3) Les raisons de la nouvelle orientation de la C.G.T. furent données par Merheim au Congrès de Lyon. « Nous étions complètement désemparés, affolés. Pourquoi? Parce que, à ce moment, la classe ouvrière de Paris, soulevée par une crise formidable de nationalisme, n’aurait pas Jaissé aux agents de la force publique, le soin de nous fusiller, elle nous aurait fusillés elle-même ». p. 20. —- E. Martin Saint-Léon : les deux CGT:

(4) Picard : p 266, Martin Saint-Léon, p. 41.

(5) Les causse déterminantes de la session, il faut les chercher dans l'attitude des dirigeants de la C.G.T. pendant la guerre, dans son orientation patriotique dans la révolution russe aussi bien que dans la composition du syndicalisme français où les éléments contradictoires se sont trouvés ensemble. — Cf. Scheng-Wu-Wu, p. 146.

nouvelle C.G.T. continue la doctrine et le programme révolutionpaire de la C.G.T. d’avant-guerre (1), tandis que la C.G.T. ancienne s’oriente nettement vers le réformisme qu'avant l2 guerre propageait la Fédération du Livre et son secrétaire Keufer. D’où le syndicalisme révolutionnaire a connu et connaît à côté de la doctrine et du mouvement nettement révolutionnaires, le courant et la philosophie du réformisme révolutionnaire. Cette division entre les révolutionnaires et les réformistes existe non seulement quant aux moyens et à la méthoris qu’il fallait appliquer dans l’action, maïs aussi par rapport à la doctrine fondamentale et au rôle qu’ils attribuaïent au syndicalisme.

1) Le syndicalisme révolutionnaire considère que l’apparition du syndicalisme n’a pas été conditionnée par la division €" travail, maïs par l’avènement du capitalisme industriel, agricole et finencier (2). C’est la disparition de la petite industrie et de la petite propriété qui avait accentué la différenciation des vivants en deux classes et par là, la syndicalisation de la classe ouvrière s’est produite. Le divorce entre le capital et 1: travail étant définitif, les ouvriers laissés à eux-mêmes se sor! vus obligés de « se grouper sur le terrain économique afin d’orposer aux exigences patronales la résistance supérieure d’une action cohérente et concentrée » (3). Le syndicalisme aïinei prenant naïssance s’est donné pour objectif la défense des intérêts moraux, matériels et professionnels des syndiqués de la classe ouvrière, Mais il ne s’arrêtera pas aux limites de la défense corporative qu’il s’est primitivement fixées. A l’instar de Marx, vovant dans la société une contradiction entre la production et la distribution de la richesse, entre le capital

(4) La C.G.T.U. a pour but de grouper sur le terrain spécialement économiaue tous les salariés pour la défense de leurs intérêts matériels et moraux de poursuivre par la lutte des classes la libération des travailleurs qui ne sera réalisée que par la transformation de la société actuelle au moven de la suppression dn salariat ef du patronat.» — Cité par Martin Saint-Léon : Les deux C.G.T. j. 105.

(2) Compère Morel, préface à Séverac, op. cit. p. II.

(3) Séverac : Le mouvement syndical, p. 32.

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