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et le travail, le syndicalisme révolutionnaire va s’efforcer de transformer en conflit voulu cette opposition réelle des classes. Au lieu de se iaisse exploiter, le syndicalisme doit organiser le prolétariat en vue de la iuite à mener pour la suppression du saiariat et l'abolition du patronat. D'où la lutte des classes s'iipose au syndicalisme révolutionnaire et devient sa règie fondamentaie. L'action continue contre le patronat, ces synaicalisies veulent ia mener jusqu à l’expropriation complète des expropriateurs. L'art. 2 des statuts de ia C.G.T. dit notamment: « La C.G.T. groupe en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de ia lutte à mener pour la disparition du salariat et du prolétariat » (1). Ainsi recevant de Marx comme point de départ la lutte des ciasses, ie syndicalisme révolutionnaire se déclare tout à fait « hostile à toute entente entre le capital et le travail », d'autant plus que d’après les rouges des rouges, tous les eiforts tentés pour le rapprochement des ciasses n’ont causé que des préjudices au prolétariai en lui faisant perdre sa combativité et sa force d'action. Le syndicalisme ouvrier également se méfie de l’État, est antiétatiste. Trouvant dans l'Etat une institution bourgeoise, un moyen de défaite de la classe capitaliste dans sa lutte contre la classe ouvrière, le syndicalisme révolutionnaire s’est déci:1 ennemi de l'Etat. L'Etat se fondant sur la propriété privée et la maintenant, est l'ennemi de la classe ouvrière qui s’insurge aussi bien contre la propriété que contre ses possesseurs. Jouhaux dit même que cette « lutie des travailleurs contre l':
est de tous les temps » parce que, d’après Marx, l’exploitatic:: des exploités ne date pas d'hier (2). Adversaire de l'Etat, le syndicalisme révolutionnaire l’est aussi de la force armée; 1} est antimilitariste, parce que dans tous les conflits entre le capital et le travail, l’armée intervient au profit du patronat. Be l'inspiration marxiste le syndicalisme révolutionnaire est antipatriote. Les travailleurs n’ont pas de patrie, car pardessus même les frontières, partout ils sont exploités. C’est
(1) Séverac : op. cit. p. 212 et Jouhaux : le syndicalisme français, p. 10. (2) Jouhaux : op. cit. p 4
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pourquoi, au lieu d’aller faire la guerre, les syndiqués doivent s’y opposer en assurant la réussite de la grève générale.
Le troisième principe du syndicalisme révolutionnaire est son hostilité à la législation ouvrière. L'histoire du mouvement ouvrer montre bien que toutes les réformes faites au profit de: travailleurs ne se sont jamais réalisées. La législation ouvrière et non seulement inutile, parce qu’elle diminue la force combative ouvrière, mais aussi inappliquée en raison de l’intransigeance des capitalistes. Elle ne peut avoir de valeur pour les syndiqués que si elle est réalisée par des efforts proprement : ouvriers et si elle contribue à l'émancipation des travaille pour les luttes nouvelles et décisives qui attendent les salariés.
Enfin, le syndicalisme ouvrier révolutionnaire, depuis le Congrès d'Amiens, s'oppose à toute liaison avec les partis politques. Les partis, groupant les éléments hétérogènes ont de autres tendances (par ex. l’action parlementaire) que celles que poursuit le syndicalisme, le groupement des producteurs qui ne veut ni de l’action indirecte, ni du parlementarisme, qui est un système de concessions. Antiparlementaire, le syndicalisme révolutionnaire opte pour l’action directe, qui est l’action, la pression de la classe ouvrière sur les pouovirs public: et sur le patronat et qui constitue sa quatrième règle.
Ainsi trouvé par les règles constitutives de sa doctrine (1) en lutte ouverte avec la société actuelle et son système dr Gouvernement, le syndicalisme révolutionnaire incarné à la C. G.T. a préconisé également l’emploi des moyens de défense et de lutte qui constituant son programme technique de l’action directe, devait le conduire à la transformation sociale complète de notre société actuelle. L'action directe étant la règle, la pression immédiate des producteurs devait se manifester par la chasse aux renards, le boycottage, le sabotage, la grève et la grève générale (2). La chasse au renard est l’imitation du pic-
(4) Cf. Jouhaux, Séverac, Cazals, Martin-Saint-Léon, Chall R Picard, la C.G.T. et le mouvement syndical. Le ‘2 Jouhaux : op. cit. p.39.
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ketting anglais. C’est l’'empêchement par les ee gré vistes du iravail des ouvriers qui ne veulent pas participer à la grève. Produite par la cessation du travail, la grève est un des moyens ies plus usuels de la lutte syndicale. Offensive ou défensive, la grève est aussi quelquefois une manifestation de la solidarité et de la dignité de la classe ouvrière (1). Elie invoque l’idée de solidarité de tous les exploités, montre bien l’opposition entre les classes, témoigne par son efficacité qu’elle est capable d’arriver à s’opposer à l’exploitation patronale (2). Preuve visible de la puissance du travail, elle est la répétition générale de la grève générale qui doit détruire le système d’aujourd’hui et la lutte de tous les jours, en réalisant la société de demain. Introduite pour la première fois dans l'idéologie syndicaliste en 1894 au Congrès de Nantes, la grève générale devient le credo du syndicalisme révolutionnaire et son.idée dominante Griffuelhes la considère comme « l'explosion consciente des efforts ouvriers en vue de la transformation sociale ». Briand la présente comme un fusil nécessaire pour abattre la société capitaliste, donc un moyen de lutte et de défense, « l’expression des travailleurs en tant que travailleurs » (3), tandis que Sorel et son école y voient un principe éducatif contenant une vertu morale. C’est au Congrès d'Amiens en 1906 (4), que le syndicalisme révolutionnaire a précisé le rôle et la valeur tactique de la grève générale en préconisant son exécution technique en quatre opérations successives premièrement, les grèves générales auront lieu par corporations, en même temps que les manœuvres des garnisons. Après viennent les grandes manœuvres, c’est-à-dire la cessation du travail partout à une date fixée. Au troisième stade de la grève générale, l’arrêt général et complet se produira, mettant le prolétariat en une guerre ouverte avec la société capitaliste, ce qui conduira enfin à la transformation définitive du régime
) Scheng-Wu-Wu op. cit p.. 19.
(2) Jouhaux : Le Syndicalisme et la dr ET p. i62. (3) Cazalis : Les Positions sociales, p
(4) Séverac : op. cit. p.
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d'aujourd'hui. Ainsi, elle n’est pas seulement un refus du prolétariat de continuer à subir l’expiloitation capitaliste, mais la rupture totale entre le prolétaire et la classe bourgeoise CE}, c'est-à-dire un moyen d’expropriation des expropriateurs, voire une méthode de transformation sociale. Le sabotage est aussi un des modes d’action de la C.G.T., à côté du label et du boycottage, Jouhaux trouve leur justification, en dépit de leur caractère destructif dans le fait de la subordination actuelle des travailleurs dans leur guerre contre le patronat. Toutes les forces étant coalisées contre les travailleurs, ceux-€i ent parfaitement le droit de se servir de tous les moyens pour lutter à force égale et pour pouvoir compter réaliser un jour leur pleine victoire,
Parce que ces moyens d'action forment la seconde partie de sa doctrine, le syndicalisme révolutionnaire se présente non seulement cemme une idéologie et un mouvement antiétatiste, antimilitariste, antipatriotique et anticapitaliste, mais aussi comme une force réelle qui fait l’apologie de la violence et de l’antidémocratie et tend à la concéntration et à la tyrannie des syndicats et désire par suite de sa croyance dans la vertu et dans la force des travailleurs, opérer le changement total du régime d'aujourd'hui et procéder sur le plan économique à la nouvelle organisation sociale.
2° Le réformisme révolutionnaire (2) étant une « manière respective de concevoir le syndicalisme » (3) est une des tendances du syndicalisme révolutionnaire dans le mouvement
(4) Jouhaux : op. cit. p. 42.
(2) Le réformisme révolutionnaire n’est pas le réformisme. M. Picard a très bien dit : « Un syndicalisme réellement réformiste quant aù but, c’est celui qui s’accommodant de la division actuelle de la société en classes sociales, prétendrait n’y conquérir que des avantages particuliers et une situation plus confortable pour les ouvriers. A cet égard, on a pu dire que le seul syndicalisme vraiment réformiste était celui des jaunes. Mais le syndicalisme qui vise à la suppression des classes, au changement radical du régime de la propriété, à la résorption de l'Etat dans l'organisme corporatif, celui-là est nettement révolutionnaire par son but et dans son essence ». — p. 38, op. cit : Le mouvement syndical durant la guerre.
(3) Keufer : Le syndicalisme réformiste, p. 18.
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UT syndicaliste rouge français. Bien que simple tendance SOUtente par les”plus grandes fédérations de la C.G.T., le réformisme révolutionnaire était une force réelle dans le mouvement syndical d’avant-guerre. M. Picard dit à cette occasion : « Bien que les personnalités dirigeantes de la C.G.T. fussent notoirement connues par leurs attaches et leurs préférences révolutionnaires, le réformisme dominait dans les masses syndicales > (1). Mais il était, malgré cela, dans une position inférieure. La doctrine du syndicalisme révolutionnaire était la doctrine officielle de la C.G.T. Réduite au rôle de simple tendance, le réformisme révolutionnaire pratique dans ses fédérations sa doctrine syndicale qui se distinguait du syndicalisme révolutionnaire par ses conceptions, sa philosophie et les moyens qu’il employait dans son action.
L'idée centrale de sa doctrine (2), l’idée de l’évolution conduisait le syndicalisme réformiste à croire à la marche progressive des choses et à lui attribuer un rôle différent de celui que lui prêtait le syndicalisme révolutionnaire. Au lieu de concevoir le syndicalisme comme un moyen de démolition sociale et une organisation temporaire qui doit exister jusqu’à la réalisation de l’abolition du salariat, le réformisme veut voir dans le syndicalisme et dans son organisation « une institution organique qui doit se perpétuer » (3) et devenir la base de la société future, Voyant en lu i un mouvement qui doit par l’action de tous les jours « acheminer d’une manière continue vers un état social meilleur et définitif » (4) la classe ouvrière, le syndicalisme veut, par ce mouvement, abolir l’exploitation de l’homme par l’homme en se servant des moyens propres qui tendent aux améliorations et à la conquête d’une situation sociale meilleure des travailleurs.
Un des premiers moyens que la doctrine réformiste fait sien, est le contrat collectif du travail par lequel à l’action individuelle, on substitue l’action générale fortement organisée.
(1) Picard : op. cit., p. 45.
(2) Keufer, Albert Thomas.
(3) et (4) Keufer, op. cit., pp. 21-22-23,
one Grâce à lui, le syndicalisme réformiste pense pratiquement supprimer les bureaux de placement. Les réformistes ne répudient pas non plus le principe de la grève. Mais ils préconisent « une réglementation de la grève ». Chacune doit être précédée d’une discussion avec le patronat. Avant tout, il faut intervenir par des démarches, ensuite par des délégations et enfin par des voies conciliatrices, parce que « toutes les conquêtes réalisées par la violence sont jeu durables » (1). Si, après toutes les tentatives de conciliation, les patrons se refusent à toute entente, la grève est légitime. Le réformisme, à l’instar des syndicats anglais et allemands oblige ses syndiqués à posséder d’importantes sommes d'argent dans leurs caisses de grèves, afin de secourir moralement et matériellement les grévistes.
Troisièmement, le syndicalisme réformiste ne se désintéresse, ni de l’apprentissage, ni de l’éducation des travailleurs. Il lutte pour leur instruction et leur éducation générale par l'étude des questions professionnelles et sociales, parce que seulement si la valeur personnelle, la culture intellectuelle et inorale de la classe ouvrière sont élevées, les travailleurs pourront accompir cette rénovation sociale que le syndicalisme s’est donné pour objectif.
Partisan de la législation et croyant en son efficacité, le syndicalisme réformiste considère que les ouvriers ne doivent pas s'opposer à elle, mais au contraire par leur lutte quotidienne, veiller à son application et à son extension. - :
Pistinct ainsi du syndicalisme majoritaire par sa philosophie aussi bien que par ses méthodes, le syndicalisme révolutionnaire réformiste se présente comme un mouvement de lutte rélféchie pour la conquête du mieux-être par l’organisation sociale qui conduit à l'inauguration d’un système de reconstruction de Ia société.
C’est surtout depuis la guerre que le réformisme révolutionnaire semble s’introduire de plus en plus dans la doctrine offcielle de la C.G.T. Depuis la scission de 1922, il s'impose en maître. La C.G.T. d'aujourd'hui est incontestablement réformiste, malgré que ses statuts n’aient pas changé. Même aujourd'hui, la C.G.T. dans ses congrès affirme les principes de la
(1) Keufer, op. cit,
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nécessité de disparition du patronat et du salariat ainsi que la lutte des classes reste la règle fondamentale de son programme, affirmée dans ses résolutions (1). Mais cela ne veut rien dire. La C.G.T. reste fidèle à son programme en conservant ses statuts avec le programme traditionnel. Mais en les interprétant dans le sens du réformisme, M. Jouhaux, son secrétaire général, dans son livre : Le Syndicalisme et la C.G.T. (2), trace la voie de ce néo-réformisme, que définissent ainsi le programme minimum de 1918 et après la résolution du Congrès de Lyon, que M. Leroy qualifie de « nouvelles tendances » du syndicalisme ouvrier (3).
Le néo-réformisme considère que le syndicalisme n’a aucunement à s'occuper du politique, mais uniquement de l’organisation de l’économique. Voyant dans le syndicalisme ‘une institution non de lutte, mais d'organisation sociale, le réformisme nouveau pose comme principe suprême de son action la traduction en faits de l’idée de Proudhon : L’atelier remplacera le gouvernement, en assurant ainsi un régime où l’administration des choses se substituera au gouvernement des personnes. Désirant par le syndicalime, non seulement assurer la représentation des producteurs, mais organiser la production, le néo-réformisme met en conséquence en premier lieu, l’élément technique. Parce que le syndicalisme doit « donner aux forces de la production la direction et le contrôle de l’économie collective » comme a résolu le Congrès de Lyon, le réformisme nouveau impose à la C.G.T. l’étude du travail, la représentation et l’organisation de ce travail, ainsi que la préparation des cadres nouveaux et l’élaboration des institutions et des fonctions nouvelles (4).
Les néo-réformistes ne trouvent Nr cette nouvelle orientation syndicale contraire à l’idéal et à la doctrine révolutionnaire de la C.G.T. Leurs desiderata est de transformer la société par l’organisation syndicale et son extension. Le syn-
(1) La C,.G.T. et le mouvement syndical - Paris, 1925. (2) Jouhaux : Le syndicalisme et la C.G.T. Paris, 1920. (3) Leroy : Les nouvelles tendances du syndicalisme. (4) Jouhaux : op. cit., p. 241.
dicat est pour eux un groupe de production, de répartition, de réorganisation sociale, qui dans le régime nouveau, assurera l’ordre nouveau, « basé non sur l’autorité, mais sur les échanges, non sur la domination, mais sur la réciprocité, non sur ia souveraineté, mais sur le contrat social (Congrès de Lyon — Résolutions) (1). Révolutionnaire d’une part, parce que ies néo-réformistes veulent briser les cadres de la société actuelie, le mouvement syndical de la C.G.T. d'aujourd'hui est réformiste, de l’autre, par suite surtout des méthodes d’action précitées qui doivent révolutionner les rapports économiques de la société moderne. En invoquant la charte d'Amiens, pour justifier la nouvelle orientation du syndicalisme, le néo-réformisme est pleinement dans le vrai quand il affirme sa conformité avec la nouvelle doctrine. La charte d'Amiens a proclamé que le syndicalisme se suffit à lui-même et par là, en séparant le politique du professionnel, a incontestablement frayé la voie à la doctrine nouvelle de la C.G.T. (2).
La C.G.T. a consacré sa nouvelle idéologie premièrement par ses revendications de 1918 qu’elle appela le programme minimum (3). Elle demanda les réalisations de la paix juste et la participation des ouvriers à la conférence de la paix, la formation de la S.D.N. et l'introduction de la journée de huit heures. Egalement elle réclama la reconnaissance du droit syndical aux ouvriers de l'Etat, la collaboration des ouvriers à la réorganisation économique du pays, la lutte contre les fléaux sociaux, l'extension des assurances sociales, la suppression des droits de douane et d’octroi sur les denrées alimentaires, l’impôt sur les successions, le contrôle ouvrier des entreprises et surtout l’institution d’un conseil économique national aidé par les conseils économiques régionaux qui contribueront à former et à diriger la nouvelle organisation sociale.
C’est surtout au Congrès de Lyon que la C.G.T. a obtenu mandat de réaliser un C.N.E. du travail dont le rôle sera d’étu-
(1) Jouhaux : op. cit. p. 236:
en Res : op. cit. p. 150.
: «G.T. et le mouvement syndical, p. 165 et s. Jouk : Op. et p. 205 et s. Léon Saint-Martin : Les deux CGT, p. 32. M dr ete
dier les solutions » (1), et par là même de préparer l’organisation sociale en esquissant les moyens d'action, Ce conseil écouomique du travail, la C.G.T. l’a réalisé en le formant de ses délégués et de ceux de la Fédération nationale des coopératives, de la Fédération générale des fonctionnaires et de l’Union syndicale des techniciens de l’industrie, du commerce et de l’agriculture. Il avait pour rôle de s’occuper de l’étude des rouages « qui devaient assurer le fonctionnement et la direction générale de l’économie nationale » (2). Divisé en neuf sections l’outillage national, l’organisation économique, la production industrielle et matières premières, la production agricole, l’organisation agraire, finances et crédit, cadres de la vie sociale, lPenseignement général et technique, commerce et répartition de richesses, régions dévastées, le Conseil devait par eux, préparer des avis et Ges rapports pour « la nationalisation des grandes branches de l’activité économique » et donner « aux entreprises ainsi socialisées une gestion industrielle sous le contrôle de l'Etat » (3). Mais en réalité, excepté des rapports sur la nationalisation des chemins de fer, des mines, des P.T.T. et &e l'énergie électrique, il n’a rien fait d’important.
Enfin, en 1924, après la victoire du cartel des gauches où la €C.G.T. a indirectement pris part, elle a influencé beaucoup la constitution du C.N. Economique, au fonctionnement duquel elle a contribué pour une large part.
3. En esquissant la doctrine du syndicalisme révolutionnaire, nous ne pouvons passer sous silence un petit groupe de théoriciens groupé autour de M. Georges Sorel et qui, en tant que doctriraires du syndicalisme révolutionnaire, ont dans une large mesure participé au mouvement syndical en contribuant à la précision de la doctrine des militants par l’opposition de leurs doctrines respectives. Intellectuels, ils prétendaient former la philosophie et la morale de notre époque. « Interprètes passifs du mouvement ouvrier » (4), les théoriciens ont offert un code
(1) Jouhaux : op. cit, p. 240.
(2) La C.G.T. et le mouvement syndical, pp. 184-190.
(3) Scelle : Précis de Législation industrielle, p. 39.
(4) Pirou : À propos du syndicalisme révolutionnaire, p. 142,
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® 4 fe 7 ME HS AE are | des préceptes et des conseils. Les militants, au contraire, ont élaboré leur doctrine par l’action et aussi grâce aux influences du marxisme et de l’anarchisme (1). G. Sorel et E. Berth sont des mvralistes. Ils prêchent l’idée de la moralité (2) et c’est dans le désir de moraliser la société qu’ils sont venus au syndicalime. Voyant dans la classe ouvrière la seule classe sociale capable d’élever la moralité de la société, grâce à sa supériorité morale sur les autres classes, les théoriciens espèrent par elle transformer le monde et la société. Syndicats groupements des producteurs de la classe seront « non seulement les organes essentiels de la lutte des classes, mais les futurs organes de la Société productrice » (3). C’est dans son Avenir socialiste des syndicats que Georges Sorel prévoit l’absorption par les syndicats de toute la machine gouvernementale, de tout son appareil étatique (4). Et les militants, au contraire, ne voient que les intérêts professionnels des syndiqués et de la classe tout entière. D’où eur différence.
M. Pirou (5) considère que leur différence se résume notamment dans les questions du néo-malthusianisme et du sabotage. Les théoriciens réprouvent la grève des ventres et le sabotage au nom de l’idée morale, les militants, au contraire, la considèrent comme des moyens d’action efficaces et les inscrivent dans leur credo syndical. Les théoriciens et les militants admettent la grève générale. Maïs tandis que pour Sorel et les siens la grève gérérale a la valeur d’un mythe ,pour les militants, elle est un moyen pratique de défense des intérêts matériels et de la conquête d'améliorations pour la classe ouvrière. Leur distinction est aussi nette quant aux questions du patriotisme, de la violence et des tendances politiques du syndicalisme. Enfin, le syndicalisme des militants est un mouvement, c’est l’action, Le syndicalisme des théoriciens est un livre de
(1) Ed. Berth : Le syndicalisme révolutionnaire est la synthèse de Proudhon et de Marx, c’est-à-dire des plus grands génies socialistes de l’Europe occidentale. Les derniers aspects du socialisme, p. 33.
(2) Pirou : Georges Sorel. à
(3) Berth : op. cit., pp. 10-71.
(4) Georges Sorel : Avenir socialiste des syndicats, p. 36.
(6) Pirou : op. cit. pp. 131-4, 137, 140.