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LA DOCTRINE SPIRITUELLE DE S.\INT THOMAS d'aQUIN. 169
crité, cela se comprend (juand on connaît l'incurable orj^ueil des prétendus sages. La foule se laisse séduire par ces apparentes profondeurs; elle est toujours disposée à croire grands ceux qu'elle voit dans le lointain et dans une demi-obscurité. Jésus apparaît au grand jour, il parle à tous, et sa doctrine est une lumière qu'on n'allume pas pour la mettre ensuite sous le boisseau (1). Ses ennemis envoyèrent des émissaires pour se saisir de lui, mais les complices des Pharisiens furent séduits et se retirèrent en proclamant que jamais « homme n'avait parlé comme cet homme » (2). Jésus-Christ savait que cet aveu serait ratifié par la postérité et que jamais une doctrine pareille à la sienne ne serait annoncée au monJe.
L'Évangile est sans rival; il est à une telle distance de tous les autres livres, même des plus grands, qu'il serait puéril de vouloir les lui comparer. Il porte les inetïaçables empreintes d'une main divine et il revêt le caractère unique de la sublimité continue. 11 suffit d'écouter les paroles de Notrs-Seigneur pour se convaincre qu'il puise ses inspirations à des sources plus hautes que les révélations de l'intelligence humaines et que seul un Dieu peut prêcher une telle doctrine. Cependant, il se rencontre des esprits rebelles qui, tout en admirant l'Évangile et en le proclamant incomparable, ne savent pas le voir environné de l'auréole divine et pénétré à chaque page du souffle de Dieu. A ceux là, Jésus-Christ adresse le reproche qu'il faisait autrefois aux pharisiens: Si vous ne croyez pas à mes paroles, croyez à mes œuvres (3), et il multiplie les prodiges pour conlirmer sa doctrine et ne laisser aucune